Réduire ses émissions de gaz à effet de serre et s’adapter à la nouvelle donne climatique, c’est l’ambition du projet Climaterra. Focus sur les résultats d’un cas type en bovin lait.
D’ici 2030, le secteur agricole doit réduire de 18 % ses rejets de gaz à effet de serre sur la base des émissions de 2015, a rappelé Elisabeth Castellan, chef de projet Environnement à l’Institut de l’élevage. Elle intervenait à l’occasion d’une conférence au Space 2025 consacrée à Climaterra. Ce projet a pour objectif d’accompagner les agriculteurs face au changement climatique, en évaluant des leviers d’atténuation du changement climatique mais aussi des leviers d’adaptation, dans différents systèmes d’exploitations agricoles.
Pour la filière bovine laitière, Elisabeth Castellan a présenté un cas type des Hauts-de-France. Une structure de polyculture-élevage avec 138 vaches laitières à 8 900 l/VL, 4 UMO, 250 ha de SAU dont 41 % de SFP dans la SAU. Elle a pris pour référence l’année 2022 marquée par une fin de printemps sec, un été sec et chaud et enfin un automne humide. Le déficit fourrager s’élève alors à 15 % et des pertes de rendements sont enregistrées sur les cultures.
Différents scénarios sont alors étudiés :
- cas type sans aléas climatique ;
- scénario 0 : achat de fourrage ;
- scénario 1 : augmentation de la SFP au détriment des cultures de vente (116 ha de SFP) et modification de la nature du concentré ;
- scénario 2 : augmentation de la SFP (113 ha), réduction des UGB improductifs (de 201 à 186), modification de la nature du concentré et investissement dans des filets pour améliorer la ventilation.

Le projet Climaterra examine quels sont les impacts techniques, environnementaux et économiques de ces différents scénarios.
Les scénarios 1 et 2 permettent de diminuer les émissions brutes de l’exploitation et de retrouver une cohérence technique avec notamment une meilleure autonomie. Mais d’un point de vue économique, ils dégradent les résultats économiques par rapport à la situation initiale, notamment parce que les cultures de vente sont réduites au profit des cultures fourragères. On observe donc une réduction de la marge brute aux 1000 litres de lait ainsi que du revenu disponible par UMO.

« L’impact environnemental s’améliore mais il n’y a pas de retour économique. Attention cependant, peu de leviers sur les cultures ont été mis en place et il faut prendre en compte l’effet conjoncture marqué sur l’année étudiée », conclut Elisabeth Castellan.

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