En France, environ 19 000 éleveurs sont déjà engagés dans une démarche bas carbone et ont effectué des diagnostics sur leurs fermes. 1 300 s’inscrivent, via deux appels à projets lancés par France Carbon Agri (FCA), dans une démarche de valorisation et de rémunération de la tonne de carbone évitée.
A l’occasion du Space le 14 septembre dernier Samuel Vandaele, président de la SAS France Carbon Agri, et Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ont donné le coup d’envoi du troisième appel à projets.
Contrairement aux deux premiers axés sur l’élevage, ce troisième intègre toutes les méthodes labellisées bas carbone, et donc la méthode grandes cultures.
Autre nouveauté, un prix minimum de vente de la tonne de carbone évitée sera garanti : à 40 €/t. 32 euros minimum reviendront à l’agriculteur, 5 à l’organisme qui réalise le diagnostic et l’accompagne et 3 euros à FCA. Pour les deux premiers appels à projets, la rémunération de la tonne de carbone évitée s'élevait à 30 €/t.
Dès les 1 000 premiers dossiers déposés, une notification sera déposée auprès du ministère de la transition écologique et le nombre de dossiers ne sera pas plafonné car la demande en crédit carbone est forte.
Un double intérêt pour l’agriculteur
Lors d’une conférence au Space consacrée au déploiement de la finance carbone, Jean-Baptiste Dollé et Catherine Brocas de l’Idele ont dressé un premier bilan des deux premiers appels à projets.
Le premier, qui s’inscrit sur la période 2020-2025, implique 302 exploitations pour 138 000 t de CO2 évitée. 71 % de ce volume est vendu à mi-parcours. Les éleveurs recevront d’ailleurs un paiement équivalent à 40 % du montant prévisionnel de leur crédit carbone en fin d’année. Le second projet, dont la labellisation devrait avoir lieu en octobre, concerne 965 éleveurs, pour 550 000 t de CO2 évitées dont 10 % sont actuellement réservées.
Au-delà du prix rémunérant la tonne de carbone évitée, l’agriculteur engagé dans une démarche bas carbone met en place des leviers qui lui permettent d’optimiser son système et donc d’obtenir une amélioration de ses charges opérationnelles. Ce « co-bénéfice économique moyen » s’élève à 40 euros par tonne de CO2 évitée, explique Catherine Brocas. Ajouté au crédit carbone (40 € dans le troisième appel à projets), c’est donc un gain de 80 euros par tonne de CO2 évitée que l’agriculteur peut espérer en se lançant dans une démarche bas carbone.
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