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Témoignage diagnostic Cap’2ERIban Pebet : « Un levier pour mes changements de pratiques »

Après avoir rendu visite à Ghislain de Viron, qui a témoigné de son engagement dans la démarche Ferme Laitière Bas Carbone et expliqué comment elle s’applique à l’exploitation tout entière, la web-série du Cniel prend aujourd’hui ses quartiers chez Iban Pebet. Cet éleveur du Pays basque parle du diagnostic Cap’2ER, depuis sa réalisation jusqu’aux résultats obtenus, et ceux encore attendus.

Iban Pebet sait que son métier est en perpétuelle évolution, par nécessité économique mais surtout environnementale. Il a ressenti le besoin de mesurer son empreinte environnementale et ses émissions de gaz à effet de serre (GES) pour travailler à leur réduction. C’est là le cœur du dispositif Ferme Laitière Bas Carbone : le diagnostic Cap’2ER®, un outil d’analyse fiable et normalisé.  

Identifier les points forts et les problématiques de l’exploitation laitière 

Le diagnostic Cap’2ER® permet d’identifier les marges de progrès à partir des données techniques de l’exploitation. À l’échelle de l’atelier laitier, ou de manière plus globale si appliqué à l’ensemble du système, il évalue les émissions de GES, directes et indirectes, liées à la production laitière. Il estime également la capacité nourricière de l’élevage. Iban Pebet est ainsi fier de participer à nourrir 1 800 personnes grâce à son activité. Contribution à la biodiversité et stockage du carbone complètent l’éventail des pratiques étudiées.  

« J’évalue l’empreinte environnementale d’une exploitation à partir des données techniques sur un an, et je tiens compte du contexte pour établir leur Plan Carbone, explique Catherine Brocas, responsable de l’animation Carbone dans la démarche Ferme Laitière Bas Carbone, à l'Institut de l’Élevage (Idele). On constate que les élevages qui ont les émissions de GES les plus faibles obtiennent des résultats technico-économiques excellents. »  

La question du pâturage : nourrir 63 vaches laitières en montagne 

Les vaches d’Iban Pebet ont toujours vécu majoritairement en bâtiment, ses prairies accueillant son troupeau de brebis. Si ses 28 ha de maïs fourrage lui fournissent une partie de l’ensilage, il doit acheter de l’aliment et de la paille à l’extérieur, notamment en Espagne toute proche. Le recours à davantage de pâturage fait partie des objectifs du plan d’actions, mais sa mise en place est difficile. « Avec l’installation du robot de traite, explique Iban Pebet, l’adaptation des vaches au pâturage a pris plus de temps que prévu, parce que du fait de sortir au pré, elles n’allaient pas assez souvent au robot. Pour le moment, ce sont donc uniquement les vaches de première génération (pour les habituer) et les vaches taries qui ont accès à l’extérieur. »  

Des résultats prometteurs pour l’éleveur laitier 

Son diagnostic de mi-parcours est cependant encourageant. Il met en évidence une réelle amélioration en matière de reproduction (âge au premier vêlage) ainsi qu’une optimisation des rotations via le recours accru aux cultures dérobées qui impacte directement son utilisation d’intrants azotés. L’ensemble contribue à une baisse de ses émissions de GES à hauteur de 6 %.

À terme, le travail sur la qualité de l’alimentation, en misant sur l’ensilage d’herbe, et le déploiement du pâturage participera également à améliorer le résultat économique de l’exploitation en limitant les achats à l’extérieur. « Ce qui est important, c’est que ce n’est pas un point de départ, ni un point d’arrivée, c’est vraiment un point d’étape. J’espère, avec cette démarche, améliorer mes résultats techniques, mon revenu, et montrer au consommateur les bénéfices qu’un élevage comme le mien apporte à l’économie locale et à l’environnement. » 

Continuez à suivre les épisodes de notre web-série à la rencontre des éleveurs laitiers engagés dans le dispositif Ferme Laitière Bas Carbone. La semaine prochaine nous partons dans le nord de la France pour parler alimentation et fertilisation.  Pour revoir l'épisode précédent, cliquez sur ce lien : Ghislain de Viron (72) : « Vers une agriculture plus climato-intelligente »

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