Deux élevages laitiers du Rhône, confrontés aux épisodes récurrents de stress thermique sur leurs vaches, ont revu quelques aménagements de leurs bâtiments pour s’adapter aux fortes chaleurs. Mais plus qu’une gestion de la phase estivale, les changements ont permis d’apporter plus de confort au troupeau toute l’année.
« Quand on cherche une adaptation au stress thermique, il faut d’abord avoir une réflexion globale du confort des animaux à l’échelle des 365 jours et pas seulement l’été. » Patrice Dubois, de Rhône conseil élevage, explique dans une vidéo publiée par l’Institut de l’élevage : « Il faut du confort pour les vaches dans les logettes, dans les lieux d’alimentation et d’abreuvement. La phase estivale vient après tout ça : on fait des ouvertures pour améliorer la ventilation, on essaie de limiter le rayonnement, et en dernière intention, on installe de la ventilation mécanique et de la brumisation pour remédier aux gros stress thermiques. »
+ 800 litres de lait au Gaec Charretier en misant sur le confort toute l’année
Exemple au Gaec Charretier à Duerne dans les monts du Lyonnais (69) :
Confronté à une baisse de production chaque été de 3 à 4 l/vache/jour, Mathias Charretier cherchait une solution : « Au départ on voulait installer de la ventilation mécanique. » Mais après un diagnostic complet du bâtiment, il a plutôt :
- changé ses vieilles logettes de 1998 pour un format plus adapté à son troupeau ;
- augmenté l’abreuvement avec 3 m d’abreuvoir en plus ;
- blanchi les translucides en toiture pour réduire le rayonnement sur les vaches et la ration ;
- isolé en sous-toiture une zone basse du bâtiment ;
- enlevé le bardage ajouré au sud (remplacé par un rideau ouvert l’été) et création d’ouvertures dans le bardage au nord-ouest ;
- mis en place d'un système d’arrosage à l’extérieur pour les journées très chaudes qu’il allume le soir pendant le raclage.
« Au final après les aménagements, on se rend compte qu’il valait mieux ouvrir la stabulation pour faire entrer de l’air frais plutôt que de brasser de l’air chaud au-dessus des vaches », explique l’éleveur. Et cette amélioration du confort a payé puisqu’il a gagné 800 litres de lait sur 12 mois sans changer la ration. « Quand il fait très chaud, on voit que les animaux sont plus calmes et mieux répartis dans le bâtiment. »
Un diagnostic complet au Gaec du Perret (69)
Dans le même secteur géographique, le Gaec du Perret a réalisé un diagnostic avec sa laiterie Danone. En tant que ferme pilote d’un programme sur le bien-être animal, l’exploitation a été suivie sur deux ans avec un grand nombre de mesures avant de passer au plan d’action. Voici la liste des constats et des actions menées ou envisagées :
- le confort thermique n’est pas homogène dans le bâtiment (certaines zones sont très inconfortables pour les animaux) ;
- le temps de couchage est fortement réduit lors des pics de chaleurs, ce qui laisse penser que les conditions de couchage sont à améliorer > aménagement de logettes supplémentaires avec matelas et apport de litière quotidien + réglages adaptés sur les anciennes logettes + temps de blocage au cornadis après la traite réduit ;
- l’accès à l’abreuvement est limitant : des regroupements importants sont observés autour des points d’eau lors des épisodes de fortes chaleurs ce qui peut faire renoncer certaines vaches à s’abreuver (notamment les plus fragiles) > pose de nouveaux abreuvoirs équipés de flotteurs à haut débit ;
- un échauffement trop important en bordure de silo, ce qui altère la qualité de la ration > travail de fond sur la conservation du fourrage au silo ;
- l’ingestion est maximale la nuit lorsque les températures commencent à baisser > distribution décalée le soir ;
- un manque d’ombre dans les pâtures > vaches rentrées en bâtiment lors des après-midi chaudes pour une sortie plutôt la nuit ;
- les vaches fréquentent peu le pignon orienté à l’ouest en fin d’après-midi lorsque le soleil commence à décliner car très exposé au rayonnement solaire > ajout d’un appentis pour protéger les logettes du rayonnement + peinture des translucides + isolation en sous-toiture ;
- les veaux sont trop exposés au soleil > niches mises à l’ombre sous l’appentis ;
- l’encaissement du bâtiment et la présence d’un silo accolé handicapent la bonne ventilation > mise en place de volets en remplacement du bardage fixe.
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