En Ille-et-Vilaine, Laurie Poussier a emprunté une voie originale de diversification en fabriquant des savons à partir du lait de ses vaches.
Laurie Poussier mène, avec son conjoint Jeroen Krijnen, un troupeau d’une centaine de prim’holsteins qui produisent un million de litres de lait, livrés à Agrial. Pour son activité de cosmétiques naturels qu’elle a débutée en 2020, Laurie prélève du lait cru venu tout droit du tank, mais en infime quantité. Pour un savon de 100 grammes, par exemple, elle incorpore 30 grammes de lait ; techniquement, c’est le maximum qu’elle puisse faire. « Si je valorise 500 kg de lait par an, c’est déjà énorme. Mon revenu professionnel vient avant tout de l’élevage », relativise-t-elle.
Toutefois l’Atelier du Tilleul, la marque donnée à ses produits, est une affaire qui tourne bien et qui se développe. Le couple a projeté de rénover en 2024 une longère de 100 mètres carrés pour organiser des ateliers à la ferme.
Laurie, d’origine mayennaise, et Jeroen, qui est hollandais, ont acquis la ferme du Tilleul en 2018. À l’époque, Laurie, ingénieure diplômée de l’Esa d’Angers, était responsable commerciale et marketing dans une entreprise para-agricole. « J’ai travaillé une dizaine d’années avant de rejoindre Jeroen en 2020. Pour mon projet d’installation, je voulais trouver une manière originale de valoriser le lait et de faire de l’accueil pédagogique. »
Avant de se lancer, la jeune femme a suivi des formations et a passé de longs mois à peaufiner ses produits et à créer son entreprise. « Faire de la cosmétique, cela ne s’invente pas. Mes formules sont soumises à validation par des toxicologues. À l’échelle artisanale, j’ai autant de normes à respecter que les grandes marques », insiste-t-elle.
L’agricultrice a trouvé dans le lait de vache des propriétés intéressantes pour la saponification. « La matière grasse du lait apporte un surgras au savon et lui donne un effet hydratant sur la peau. Tous les laits sont riches en matière grasse, mais le lait de vache particulièrement. Il est numéro deux après celui de brebis. »
Du 100 % français
Et peu importe la race, la prim’holstein fait l’affaire, d’autant plus que le lait produit à la ferme affiche des taux élevés toute l’année grâce à une bonne valorisation de l’herbe. « Les vaches sont dans les prés neuf mois sur douze. Cela joue sur la qualité du savon. »
Avec un litre de lait, Laurie fabrique environ 50 savons. Elle a aussi développé d’autres produits sans lait : shampooings solides, huiles, baumes… Tout est écoulé par le biais d’Internet et dans une quarantaine de points de vente. « Mon leitmotiv, c’est de produire du 100 % français et toutes mes huiles végétales viennent directement des producteurs », insiste Laurie Poussier, qui doit sortir très bientôt son nouveau savon au lait et à l’aloe vera qu’elle cultive sous serre.
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