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Automatisation en élevageUn robot repousse-fourrage pour gagner du temps, et quoi d'autre ?

L'objectif principal en investissant dans un robot repousse-fourrage est de gagner du temps. Mais attention à ne pas perturber le comportement du troupeau. (©Terre-net Média)
L'objectif principal en investissant dans un robot repousse-fourrage est de gagner du temps. Mais attention à ne pas perturber le comportement du troupeau. (©Terre-net Média)

Un robot pour repousser le fourrage : pourquoi pas ? Mais est-ce qu'on parle-là d'un investissement gadget ou d'une réelle plus-value ? Quid des effets sur le troupeau ? Des experts bâtiments et élevage font le point sur le sujet en listant les avantages, mais aussi les inconvénients du robot repousse-fourrage.

Souvent sous-estimé, le fait de repousser la ration à l'auge peut être un poste chronophage, surtout si la tâche est réalisée à la pelle et plusieurs fois par jour... Mais de 10 à 18 000 € le robot repousse-fourrage, s'agit-il d'un investissement judicieux ?

Robot repousse fourrage : des avantages...

Les constructeurs avancent plusieurs avantages : le gain de temps, la diminution des refus, l'augmentation de la fréquentation au robot de traite... « Programmer des passages la nuit peut aussi permettre de lisser la fréquentation au robot, surtout s'il est saturé », expliquait le nutritionniste Yan Mathioux dans une interview dédiée à l'alimentation du troupeau.

2 repousses successives pour avoir les dominantes puis les dominées à l'auge.

Autre aspect : l'accès à l'auge. « Rappelons que la base est d'avoir une place par vache à l'auge », cite Bertrand Fagoo de l'Institut de l'élevage. En revanche, pour les élevages où ça n'est pas le cas, deux repousses successives peuvent être bénéfiques : les dominantes viennent en premier, puis laissent la place aux dominées.

Le spécialiste en bâtiment rappelle aussi : « Il faut avant tout avoir des fourrages appétants toute l'année, y compris en été. Car on aura beau le repousser, si la ration n'est pas appétante, ça ne sert à rien. »

... Mais attention à ne pas sur-stimuler les vaches

Attention surtout aux réglages ! De récentes études portées sur les robots d'alimentation ont montré qu'une fréquence de distribution trop élevée pouvait avoir des répercussion négatives sur le comportement du troupeau. Sur-sollicitation des vaches avec temps de couchage (et donc de rumination) en berne : on peut facilement imaginer qu'il en est de même pour les robots repousse-fourrage.

« Contrairement à ce qu'annoncent les fabricants, au dessus de 3 ou 4 passages par jour, il n'y a pas de plus-value supplémentaire », observe Loïc Quemere, directeur technique Eilyps. « S'il ne faut pas attendre que l'auge soit vide, rien ne sert de repousser systématiquement non plus. Le risque est de faire relever trop souvent les vaches et donc de voir apparaitre des problèmes de pattes. Il faut leur laisser des périodes de 3 à 4 h tranquilles pour ruminer. »

Le marché des robots repousse-fourrage

Sur les modèles de robots repousse-fourrage, les constructeurs proposent différents systèmes :

- la lame de raclage (comme le modèle Cow-boy d'ALB innovation),

- la repousse par rotation (les modèles Juno de Lely et Moov pro de Joz par exemple),

- et la vis sans fin qui remélange la ration en la repoussant (comme Optiduo de Delaval).

Pour le guidage du robot, il y aussi des différences. Si la majorité fonctionne en autonomie, certains sont guidés par un circuit dématérialisé au sol ou des capteurs situés dans le béton. C'est un élément à prendre en compte dans le choix du modèle car cela peut demander des modifications au bâtiment.

Il faudra aussi évaluer la trajectoire voulue (est-ce qu'il repousse la ration des vaches uniquement ou celle des génisses aussi ?) et si le trajet comporte ou non une pente. Cela permettra d'affiner le choix du modèle.

Enfin, en ce qui concerne l'investissement en lui-même, Loïc Quemere recommande de le ramener principalement au temps gagné. « Les effets sur la production sont les mêmes qu'en repoussant plusieurs fois par jour à la main. Il faut donc plutôt évaluer si le quart ou la demi-heure gagnés grâce au robot valent le coût. »

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La robotique en élevage

Rédactrice en chef de Web-agri

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