Alors qu’a été publié aujourd’hui un arrêté suspendant l’importation de fruits et légumes contenant des résidus de substances actives interdites dans l’UE, Interbev demande au gouvernement d’étendre son exigence de cohérence à l’ensemble de l’agriculture française, « y compris la filière élevage et viande ».
Des garanties qui resteront « théoriques »
Dans une lettre ouverte diffusée le 6 janvier, l’interprofession bétail et viandes rappelle surtout l’inefficacité d’une interdiction similaire, mise en place en 2023, et visant à « suspendre l’importation et la mise sur le marché en France de viandes issues de pays tiers dont les animaux sont traités avec des antimicrobiens utilisés pour favoriser la croissance ».
« Dans les faits, cette interdiction n’est tout simplement pas appliquée, ni au niveau européen ni même en France : les viandes, issues des pays du Mercosur par exemple, proviennent de bovins ou de zébus, élevés en feedlots, dont l’alimentation intègre systématiquement des traitements antibiotiques activateurs de croissance », explique Interbev, qui met en avant le manque d’efficacité des contrôles et l’absence de « moyens coercitifs à la hauteur des enjeux ».
« Sans règles harmonisées, sans contrôles efficaces sur site et sans mécanismes de sanction automatiques, les garanties resteront théoriques et les décisions nationales, comme celles prises par la France, seront fragilisées et même inapplicables », détaille l’interprofession pour qui, dans ces conditions, l’accord entre l’UE et le Mercosur ne doit donc pas être ratifié. « Les conditions de production dans les pays du Mercosur ne seront jamais alignées sur les exigences imposées aux éleveurs français », ajoute Interbev qui demande à la France de « s’opposer à toute ratification de cet accord et rassembler une minorité de blocage ».
Depuis le 1er janvier 2026, la Chine a par ailleurs mis en place des droits de douane supplémentaires de 55 % sur les importations de viande de bœuf au-delà des quotas : « les volumes qui ne trouveront plus leur débouché en Chine chercheront à entrer sur le marché européen », prévient ainsi l’interprofession qui s’inquiète du risque important de fragilisation des filières.
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