PRODUIRE ÉCOLOGIQUE, C'EST-À-DIRE AVEC MOINS DE PESTICIDES, D'ENGRAIS CHIMIQUES et une démédicalisation des élevages, mais sans renoncer à la productivité, c'est le pari que fait Terrena depuis plusieurs années. Le groupe coopératif ligérien s'appuie sur l'expérience d'adhérents pionniers dans ce domaine. Il compte aujourd'hui quatre-vingts fermes de référence en productions animales et végétales. L'objectif est d'en compter quatre cents dans son réseau ces prochaines années Les techniciens sont également partie prenante de ce virage. « Depuis 2008, la rémunération des techniciens est déconnectée des ventes phytos et engrais chimiques », indique Alain Montembault, le directeur recherche et développement. En 2012-2013, les 287 conseillers suivront les formations dispensées par la chaire écoles-entreprises pour l'agriculture écologiquement intensive lancée au Space 2012(1). Pour Terrena, ce changement de cap se traduira inévitablement par une baisse de son chiffre d'affaires en agrofournitures traditionnelles. « À nous de l'accompagner en proposant des outils d'aide à la décision et des produits innovants. L'embauche d'un directeur marketing il y a un an facilite ce pilotage. » Il propose ainsi des mélanges variétaux de maïs ou le service Profalia qui, à partir de l'analyse infrarouge des acides gras du lait chaque mois, propose des corrections. L'éleveur est averti par SMS. Plus de 800 producteurs l'utilisent (700€, avec remise possible). Résultat : le CA innovations du groupe s'élève à 100 M€ en 2011. « Nous avons du retard par rapport à la demande. Il n'est pas évident de mener de front recherche et lancement d'innovations. » Et le directeur scientifique de prendre un exemple : « Voici deux ans qu'une demande s'exprime pour la méthanisation à la ferme, en particulier pour les fumiers et lisiers de bovins. Nous serons prêts en 2013. » Terrena enfonce le clou. Le groupe a créé le 1er octobre la société Terrena Innovation Objectif : rassembler les 100 salariés qui travaillent à la recherche et au développement sous cette bannière, chercher des financements et mieux protéger ses marques.
C. HUE
(1) La chaire est composée de trois grandes écoles (groupe Esa, Oniris et Agrocampus-ouest), et des coopératives Triskalia et Agrial (en plus de Terrena).
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