Les détections de citernes et tanks positifs augmentent depuis juillet 2013. Selon les enquêtes dans les élevages, dans 90 % des cas, il s'agit d'erreurs.
Le nombre de citernes contaminées par les résidus d'antibiotiques est en augmentation depuis juillet 2013. Face à ce phénomène, le Cniel a décidé de geler les indemnisations le 1er juin. Il a consacré 2,2 M€ pour 408 dossiers en 2012, 3 M€ pour 550 en 2013 (0,04 % de la collecte). À la fin juillet, il enregistrait 505 demandes.
Les opérateurs contactés avancent plusieurs explications.
D'abord, sous l'effet du prix du lait et des rallonges de quotas élevées en 2013-2014, une tendance à conserver les vaches « à cellules » qui, en temps normal, sont réformées. Le risque de mammites s'accroît. Celui d'erreurs dans l'usage des antibiotiques aussi. Autre incidence de la conjoncture : le raccourcissement des périodes de tarissement avec des délais d'attente qu'il faut calculer à partir de la date de traitement, pour la mise du lait au tank. C'est, là aussi, une source potentielle d'erreur (voir p. 66). La rupture de stock du produit Mastijet (mammites) est également invoquée. Les éleveurs l'ont remplacé par des produits aux délais d'attente un peu plus longs sans forcément ajuster leurs pratiques. « Dans neuf cas de tanks positifs sur dix, la contamination provient d'une erreur », résume Gérard Bosquet, de la Société nationale des vétérinaires. Dans un cas sur dix, on n'en explique pas l'origine. Sans doute certains éleveurs ne jouent-ils pas totalement le jeu de la transparence. Cela peut être aussi une erreur très difficile à repérer. »
« J'envisage un recours juridique »
Pierre Viste, éleveur dans la Manche, est dans la catégorie « un cas sur dix ». « Mon tank a été détecté positif en août. Ma laiterie et moi avons vérifié les produits utilisés et le respect des délais d'attente, sans trouver d'erreur. Un doute subsistait sur une bombe antibiotique appliquée sur une plaie. J'ai fait analyser le lait d'une vache soignée avec. Rien n'a été trouvé », détaille-t-il. Pour connaître la molécule incriminée, il a demandé une contre-analyse de l'échantillon positif. « Ce n'est pas possible car les échantillons ne sont pas gardés par les laboratoires interprofessionnels d'analyses. » Il réfléchit à engager un recours juridique.
Consciente que l'on ne peut pas laisser les producteurs concernés dans le doute, d'autant plus qu'ils payent une pénalité, la FNPL estime « légitime de se pencher sur la possibilité d'une contre-expertise. Il faut traiter ce sujet correctement ». « Sans contre-analyse, on ne peut pas avancer, insiste Marc Delavenne, président des vétérinaires de la Manche. S'agit-il des délais d'attente insuffisants face aux tests de détection fine, sous les LMR (voir encadré)? Nous n'avons pas les moyens de répondre à cette question. » Elle se pose surtout pour la réintroduction simultanée de plusieurs vaches dans le circuit, surtout si le volume trait est plus faible qu'habituellement. L'effet de dilution serait moindre. « Cela fait partie des cas à investiguer », répond le Cniel, qui souligne par ailleurs « qu'il n'y a pas concomitance entre les nouveaux tests et la hausse des résultats positifs. » « La seule voie efficace est de réduire l'usage des antibiotiques, tranche un industriel. Cela passe par des troupeaux sains. » Le plan mammites que lance le Cniel suit cet objectif.
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