Parmi les aides du premier pilier de la nouvelle Politique agricole commune, la convergence des droits à paiement de base (DPB), le paiement redistributif majorant les cinquante-deux premiers hectares et le paiement écologique sont autant d'éléments favorables à l'agriculture de montagne. Une majoration de l'aide aux jeunes agriculteurs est également profitable à une politique d'installation active en territoire montagnard. Enfin, la revalorisation des ICHN (indemnité compensatoire de handicap naturel), considérée comme « la mesure phare de la politique en faveur des exploitations de montagne » et le basculement des crédits de la PHAE sur l'ICHN répondent également aux attentes des professionnels de la montagne, réunis en séminaire le 10 juillet à Clermont-Ferrand pour préparer les assisses européennes de la montagne, organisées par Euromontana à Bilbao (Espagne), en octobre prochain. « En ne dépassant pas 18 000 e annuels, le revenu moyen de L'Éleveur laitier de montagne reste inférieur à la moyenne nationale alors qu'en dix ans, les exploitations du Massif central ont augmenté leur production de plus de 80 000 l, souligne Yannick Fialip, président de la section laitière à la FRSEA Massif central. Des efforts importants ont été réalisés sur la productivité des systèmes. Des mesures d'accompagnement d'une politique montagnarde indissociable d'un aménagement du territoire et de créations d'emplois sont un encouragement pour des producteurs de lait qui croient en leur avenir. » L'impact financier de la nouvelle Pac est estimé entre 5 000 et 6 000 e annuels supplémentaires par producteur à échéance 2019. Mais les producteurs de montagne sont conscients que leur salut ne viendra pas simplement par les aides. « Nous devons aller chercher 5 000 e de revenu supplémentaire par une meilleure valorisation de notre produit », insiste Yannik Fialip.
Pour Dominique Barrau, président de l'Association des producteurs de lait de montagne (APLM), « il y a urgence à sortir de l'anonymat le lait de montagne et à créer une valeur ajoutée pour les producteurs ».
Des spécificités à mieux valoriser
De fait, seule la moitié des 2,4 milliards de litres produits dans les montagnes françaises est à ce jour bien valorisée, essentiellement en appellation d'origine protégée (AOP). Parmi les premières démarches de différenciation conduites par les producteurs, la marque Mont Lait lancée en mai 2013 enregistre une progression très encourageante pour plus de 1 000 producteurs engagés avec 176 millions de litres. De 9 000 l par semaine fin 2013, les ventes affichent 17 000 l en avril 2014 avec cent points de vente. La stratégie de communication implique les producteurs avec un contact direct avec les consommateurs. « La montagne doit exprimer ses spécificités pour les valoriser et compenser un surcoût de production, quant à lui, incompressible », souligne Dominique Barrau.
MONIQUE ROQUE-MARMEYS
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