En attendant sa nouvelle usine, la coopérative manchoise joue surtout la carte des allocations provisoires et accepte le transfert des parts sociales entre adhérents.
Permettre aux adhérents de se développer, c'est l'objectif de Maîtres Laitiers du Cotentin. Dans le nord de la Manche, la coopérative est spécialisée dans les fromages frais. À 50 km de là, les travaux de terrassement pour une usine d'une capacité d'au moins 90 millions de litres ont débuté. MLC a signé un contrat de onze ans avec le groupe chinois Synutra (aussi en Bretagne avec Sodiaal) pour des briquettes de lait infantile aromatisé. Y sera également transférée l'activité beurre et crème sous AOP Isigny. « Cela représente un investissement de 114 M€ que nous finançons entièrement », souligne la coop. La mise en service est prévue en 2017. D'ici là, MLC fait le grand écart. Elle soutient la dynamique de production de ses 750 adhérents pour être au rendez-vous le jour J. Parallèlement, elle doit trouver des débouchés à ses 50 Ml d'excédents. Cette mission est confiée à France Frais, sa filiale de distribution en restauration hors foyer.
Innovation dans les rallonges de fin de campagne : sa politique des volumes reflète cet exercice d'équilibriste. MLC maintient l'allocation provisoire à hauteur des années précédentes (entre 8 et 15 %). Une minoration du prix de base, annoncée mi-janvier, est appliquée sur les dépassements : 180 €/1 000 l pour 2015-2016.
Ce système, classique, est complété par une mesure plus innovante. Selon son équation laitière, MLC se réserve la possibilité de « durcir » une partie de la rallonge en augmentant la référence d'un pourcentage défini par le conseil d'administration. « Il s'agit d'une attribution automatique à condition d'avoir livré au minimum son volume structurel, plus d'autres conditions. » Étant en période transitoire, ce levier n'est pas activé en 2016.
Volumes de développement au prix A : par prudence, ce volet est gelé cette année. Cela n'empêche pas la coopérative de fixer des règles. « [Les volumes] sont définis en fonction de nos besoins, mais ne sont pas attribués au détriment des JA (N.D.L.R. : 100 000 l avec la capacité professionnelle, 50 000 l sans), ni des allocations provisoires. » Conformément à son objectif de payer au mieux 100 % du lait, ils sont au prix A. Il faut en faire la demande, accompagnée d'une étude économique. Cette prudence s'exprime aussi via les règles de regroupements. Ceux entre une structure MLC et une non-MLC ne sont pas acceptés.
Transfert des parts sociales de gré à gré : n'offrant pas de volumes de développement, la coop assouplit sa politique en autorisant le transfert, partiel ou total, des parts sociales directement entre adhérents, ouvrant forcément à leur marchandisation. Son accord au transfert est concrétisé par une signature tripartite MLC-cédant-repreneur. Depuis octobre, 25 ont été signés.
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