Il y a moins sereins que les producteurs Ermitage pour affronter l'après-quotas. Cette coopérative qui collecte près de 480 Ml en Lorraine (auprès de ses adhérents historiques) et en Franche-Comté (auprès de l'UAC et de la CLFC), a depuis longtemps choisi son camp, celui des spécialités fromagères destinées aux marchés national et européen (20 % du chiffre d'affaires à l'export, dont 69 % dans la zone euro et 18,5 % ailleurs en Europe). Elle en fabrique 60 000 t. Des pâtes molles, de l'emmental basique par nécessité, mais aussi de la raclette, des fromages AOC ou IGP (munster, comté, morbier, emmental grand cru)... « Pourvu que ça dure », lâchait ce producteur à la sortie de l'AG de la coop fin avril. Traduisez que le groupe continue de payer le lait comme il le fait depuis des années, tout en affichant des résultats aussi satisfaisants. En 2014, Ermitage a dégagé un EBE de 18,24 M€ et un résultat de 10,4 M€ pour un chiffre d'affaires de 369 M€. La rentabilité avait été un peu meilleure en 2013 (16,8 M€ d'EBE et 10,9 M€ de résultat pour 349 M€ de chiffre d'affaires), mais avec un prix du lait (+ 6 % en 2014) et des volumes collectés moindres (+ 8,5 % en 2014). La structure de son bilan reste aussi un modèle du genre pour discuter avec les banques (49 % de capitaux propres et moins de 17 % de dettes financières).
393 €/1 000 l en 2014
Le fait est que les producteurs Ermitage figurent parmi les mieux payés en lait standard. D'après notre observatoire p. 94 (www.les prosdulait.fr), un coopérateur historique ayant livré du lait à 38/32 en qualité super A (180 000 cellules, 700 butyriques et 18 000 germes) a reçu en 2014, ristourne comprise (versée au titre de 2013), 393 €/1 000 l. Les producteurs CLFC et UAC suivent à 8 et 10 € derrière.
66,5 M€ investis pour rester dans la course
Outre sa stratégie produits, celle visant à améliorer sans cesse la compétitivité de ses outils de transformation n'est pas étrangère à ces performances. Ce sont, en année normale, 4 à 6 M€ qui y sont en partie consacrés. S'y ajoutent les phases d'investissement lourd. Les derniers en la matière dataient de 2007 et 2008, avec plus de 34 M€ investis. Le groupe en a démarré un nouveau, en 2014, doté sur trois ans de 66,5 M€. Dans le prolongement de son métier de fromager, le groupe a notamment entamé la construction à Bulgnéville (Vosges) d'une tour de séchage, destinée principalement à traiter son propre lactosérum... avec donc, au final, un produit à valeur ajoutée parfaitement tracé qui devrait séduire les acheteurs asiatiques. L'outil devrait être opérationnel début 2016.
JEAN-MICHEL VOCORET
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