Après Maugilait qui a rejoint la laiterie Saint-Denis-de-l'Hôtel au printemps, c'est au tour de la Coopérative laitière de Haute-Normandie de décider que la seule activité de collecte n'a pas d'avenir. Elle a inauguré le 3 novembre son outil flambant neuf d'écrémage et d'extraction de protéines pour une capacité de réception du lait de 180 Ml. Près de Rouen, il traitera, en 2016, les 100 Ml que la coopérative a en excédents. Elle poursuit ainsi son contrat de fourniture de crème avec CLE-Savencia. Le rétentat et le perméat, issus de la microfiltration, sont destinés aux deux filiales de Sodiaal, Entremont et Eurosérum, dans le cadre d'un contrat de cinq ans.
Jusque-là, rien de nouveau. Ce projet a été annoncé au début de l'année 2014. Mais depuis, la réflexion des deux coopératives a évolué. Elle aboutit à un projet de fusion qui sera présenté aux assemblées générales avant l'été prochain. « Avec 240 Ml, la CLHN n'a pas les moyens, ni la taille pour affronter seule la volatilité des marchés due à l'internationalisation des échanges et la dérégulation décidée par l'Union européenne », estime Pierre Poixblanc, le président.
Avec Sodiaal, sécuriser les débouchés des 480 producteurs
En rejoignant Sodiaal, elle sécurise les débouchés de ses 480 adhérents de Haute-Normandie, mais aussi de Picardie et d'Île-de-France. Une fois la fusion actée, ils rentreront dans le moule des volumes A et B. « Avec les 12 Ml de développement sur lesquels se sont engagés une partie des producteurs, la collecte montera à 250 Ml. C'est ce volume qui est notifié dans le projet de fusion sur lequel s'appliquera la règle des 90 % payés au prix A entreprise et des 10 % payés au prix B .»
De son côté, Sodiaal consolidera son ancrage en Haute-Normandie. Il lui manquera la Basse-Normandie pour dessiner un arc de cercle du Nord à la Bretagne. Sans doute le groupe n'aurait-il pas franchi le pas si la CLHN ne mettait pas dans la corbeille son outil industriel. « Elle n'a plus d'excédents sur les bras », reconnaît-il. C'est que la Haut-Normande sort du tunnel après quelques années difficiles. Depuis 2012, 60 Ml sont contractualisés avec Danone (rediscutés fin 2016) et 80 Ml avec Novandie pour des contrats qui sont aujourd'hui de cinq à dix ans. Jusqu'à la mise en route de l'outil cet été, l'excédent de 100 Ml était envoyé en Belgique après concentration pour un coût de 15 €/1 000 l.
CLAIRE HUE
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