Les filières fromagères AOP franc-comtoises (comté, morbier, mont d'or, bleu de Gex) sont ce qu'elles sont grâce à leur terroir, mais aussi aux paysages et au cadre naturel de production de leurs fromages. C'est aussi en partie grâce à cela que les producteurs AOC francs-comtois vivent à l'abri de la crise, avec leur prix du lait à 500 €/1 000 l et des ventes de fromages qui continuent de croître. Certains auraient tendance à l'oublier, pas l'Urfac (Union régionale des fromages d'appellation d'origine comtois). « Nous entendons bien faire prendre conscience que préserver ce terroir et ces paysages est crucial pour l'avenir », explique son président Claude Philippe. C'est tout le sens de l'étude récemment menée sous l'égide de l'union, visant à identifier les interactions bénéfiques entre les pratiques agricoles et leurs éléments paysagers associés (haies, arbres, bosquets...). Et au final : évaluer le niveau global de biodiversité dite « ordinaire » sur le territoire.
Coop de Vernierfontaine : le bon élève à imiter
La fruitière de Vernierfontaine (Doubs), qui s'étend sur sept communes du premier plateau jurassien, s'est prêtée à l'exercice. Elle compte vingt exploitations (trente-cinq producteurs) sur 2 100 ha de SAU et transforme 6,6 millions de litres de lait AOP. Claude Philippe a bu du petit-lait lors de la restitution des résultats. Cette fruitière détient en effet un important potentiel de biodiversité grâce aux surfaces élevées en prairies permanentes (60 % de la SAU), à la diversité et la densité des haies, bosquets et lisières associées à la diversité de l'assolement. La gestion des prairies permanentes y offre un bon compromis entre préservation de la biodiversité et production de fourrages en quantité et en qualité pour garantir l'autonomie fourragère. De plus, les pratiques agricoles sont adaptées aux ressources et contraintes du territoire. Un exemple à imiter donc.
JEAN-MICHEL VOCORET
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