En septembre dernier une délégation du Cniel, réunissant des représentants de la FNPL et de la Confédération paysanne s'est rendue en Bavière pour mieux comprendre les relations entre producteurs et transformateurs. Dans sa parution de juillet 2014, L'Éleveur laitier (n° 226) avait présenté cette organisation particulière des producteurs bavarois qui apparaissent bien mieux armés que leurs homologues français face aux laiteries. Première remarque, les OP bavaroises (MEG en allemand) ont souvent quarante-cinq ans d'existence, donc une longue expérience de la contractualisation et une vraie culture de la négociation. Dans ce Land, on en compte 97, de toutes tailles (5 producteurs suffisent). Mais depuis 2006, 61 d'entre elles se sont regroupées dans ce qui n'est pas tout à fait une AOP au sens français du terme. Cette « Bayern MEG » a seulement pour vocation d'aider ses 61 adhérents à mieux négocier avec les transformateurs.
270 Ml de lait déplacés
Un seul salarié dans cette structure, mais une pointure de la négociation qui se présente comme « attiseur de concurrence ». Son atout maître, disposer de toutes les informations en temps réel sur les marchés laitiers. Il sait qui a besoin de lait et qui en a trop. Bayern MEG pèse 2,1 milliards de litres et l'an dernier, 270 millions de litres ont été déplacés entre acheteurs. Une mobilité facilitée par des contrats d'une durée assez courte, souvent un an dans les zones à forte concentration de laiteries, et une possibilité de rompre le contrat dans des délais encore plus courts, souvent six mois. La mission Cniel a aussi noté que dans une Bavière qui transforme plus de lait qu'elle n'en produit, l'univers concurrentiel est bien supérieur à ce que connaissent nos bassins laitiers. Autre différence avec la France, les MEG adhérentes à Bayern MEG ont souvent deux ou trois transformateurs qui peuvent acheter à des prix de lait différents.
DOMINIQUE GRÉMY
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