Les agriculteurs bretons ont beaucoup amélioré depuis vingt ans leurs pratiques pour respecter l'environnement. Ils veulent le faire savoir.
La Bretagne n'en peut plus d'être accusée de polluer malgré les efforts consentis depuis vingt ans. La mise aux normes a permis d'augmenter les capacités de stockage d'effluents et de mieux gérer la fertilisation. La couverture des sols en hiver, les bandes enherbées, la plantation de haies... toutes ces pratiques se sont généralisées au bénéfice de la qualité de l'eau. La lutte a été rude dans les bassins versants en contentieux. Les assolements ont été revus en profondeur. Mais le contentieux est clos.
Depuis douze ans, les achats d'engrais ont reculé de 26 % dans la région. Les concentrations moyennes d'azote ont baissé de plus de 30 % dans les rivières depuis quinze ans, pour s'établir à 36 mg/l. Compte tenu de l'inertie des sols, la baisse devrait se poursuivre dans les quinze prochaines années. Quant aux résidus de produits phytosanitaires, ils restent toujours inférieurs aux seuils. Les agriculteurs se sont formés et le matériel a évolué.
C'est dans ce contexte que se met en place le cinquième plan de la directive nitrates. Le plafond à 170 UN organique par hectare reste en vigueur, mais le raisonnement s'effectue désormais par culture et de manière plus agronomique. La réglementation impose des résultats, et non plus des moyens. Les agriculteurs doivent déclarer tous leurs flux d'azote (production, importation, exportation), ce qui permet un suivi précis des échanges par l'administration. Reste à savoir comment seront interprétées ces déclarations. « En cas de dépassement des seuils de référence, on ignore la forme que prendront les mesures correctives. Les décrets ne sont pas sortis », précise Maëva Coïc, spécialiste de l'environnement à la chambre d'agriculture du Finistère. Les professionnels espèrent que le potentiel de production sera préservé.
PASCALE LE CANN
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