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Guerre en UkraineBlé, maïs, et orge en alimentation animale : le conflit impacte la demande en UE

La guerre en Ukraine entraîne « un potentiel de baisse sur l’ensemble des céréales » consommées en alimentation animale sur 2021/22, selon l'analyste Benoît Fayaud (©AdobeStock)
La guerre en Ukraine entraîne « un potentiel de baisse sur l’ensemble des céréales » consommées en alimentation animale sur 2021/22, selon l'analyste Benoît Fayaud (©AdobeStock)

Le conflit russo-ukrainien impacte les disponibilités et les prix des trois céréales principales, ce qui modifie la demande du secteur de l'alimentation animale au sein de l'UE. La demande en blé est attendue en baisse et les pays importateurs mettent en place des mesures pour pallier l'absence des maïs ukrainiens sur le marché.

Le conflit en Ukraine va modifier la demande du secteur de l’alimentation animale de l'Union européenne pour le blé, l'orge et maïs. C’est ce qu’a expliqué Benoît Fayaud (Tallage) lors d’une matinée « export » organisée par Intercéréales le 23 mars.

Avant la crise, une consommation globale à la baisse

Avant le conflit, la consommation animale de blé, orge et maïs en UE s’annonçait à 131 Mt pour 2021/22, contre 133 Mt en 2020/21 et 136 Mt 2019/20, « une baisse liée au coût très élevé des céréales, même avant la crise ».

Plus en détails, l’analyste décrit une tendance à la diminution relative de la consommation européenne d’orge ces dernières années : elle ne représente plus que 25 % des trois céréales contre 30 % en 2009/10.

Consommation d'orge pour l'alimentation animale en UE
Consommation d'orge pour l'alimentation animale et disponibilité totale en UE. (©CIC)

C’est l’inverse en maïs, dont la consommation pour l’alimentation animale connaît une « hausse structurelle » et dépasse ces dernières années les 45 % contre 35 % il y a 12 ans. La part du blé tendre reste stable, aux environs de 30 %.

La guerre va réduire la demande en blé

En stoppant les exports céréaliers ukrainiens, le conflit vient redessiner la campagne 2021/22 en matière de demande animale en UE. Cela se traduit par un « un potentiel de baisse sur l’ensemble des céréales », surtout si les prix se maintiennent à un niveau élevé.

« La principale modification, c’est une baisse de la consommation de blé pour l'alimentation animale », à environ 40 Mt contre 43 Mt sur la moyenne quinquennale. De fait, c’est le blé qui a vu ses prix le plus augmenter depuis fin février et qui a donc le plus perdu en compétitivité.

Des mesures pour pallier l’absence du maïs ukrainien

La guerre met en lumière « la dépendance du secteur animal de l’UE au maïs ukrainien non-OGM », analyse Benoît Fayaud, l’Ukraine en étant le principal fournisseur, en plus des maïs intra-européens. Elle pose aussi la question des maïs argentins, très peu importés en Europe car ils dépassent les seuils de résidus en pesticides.

Les pays importateurs de l’UE mettent en place des mesures pour pallier le manque de maïs ukrainien pour l’alimentation animale, comme l’Espagne et les Pays-Bas qui réactivent les importations depuis les USA. Des flux sont aussi observés vers l’Italie, même si le pays veut « limiter au maximum les importations de maïs OGM ».

Des mesures des gouvernements sont aussi attendues d’ici à la fin de la campagne pour réduire les seuils de tolérance aux résidus de pesticides et importer des maïs argentins, côté néerlandais notamment.

« La mesure d’après sera d’importer des maïs brésiliens dès qu’ils arriveront, à partir de juillet », prévoit l’expert.

À plus long terme, il estime que deux facteurs majeurs joueront sur la demande européenne en blé, orge et maïs dans l’alimentation animale : le niveau de prix et les politiques de soutien apportées au secteur.

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