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PSE dans le Sud-Mayenne11 agriculteurs rémunérés pour leurs haies et prairies permanentes

Les agriculteurs peuvent percevoir jusqu’à 60 000 euros sur cinq ans, soit 12 000 euros par an. (©Pixabay)
Les agriculteurs peuvent percevoir jusqu’à 60 000 euros sur cinq ans, soit 12 000 euros par an. (©Pixabay)

Dans le Sud-Mayenne, 11 agriculteurs ont signé un contrat Paiement pour services environnementaux (PSE) avec le syndicat de bassin de l'Oudon. Ils sont récompensés pour maintenir les haies et les prairies permanentes sur leur ferme. Pour autant, le système des PSE peine à se développer.

Le syndicat de bassin de l’Oudon a lancé une expérimentation de paiement pour services environnementaux (PSE) sur les fonds de vallée de l’Oudon, une zone de 4 400 ha à cheval sur la Mayenne et le Maine-et-Loire. Sur ce bassin versant confronté à d’importantes pollutions diffuses d’origine agricole, il y avait un objectif : maintenir le bocage et les prairies permanentes pour préserver la qualité de l’eau et des paysages.

« Dans ces fonds de vallée, on a constaté des disparitions de haies, or c’est important d’y maintenir les prairies et les haies pour éviter les transferts de polluants », explique Delphine Prévot, ingénieure qualité de l’eau au syndicat de bassin.

Le deal est donc le suivant : tous les agriculteurs qui ne perçoivent pas d’aides bio ou de MAEC peuvent bénéficier d’aides s’ils ont suffisamment de prairies permanentes (10 % de la SAU) et de haies (63 mètres linéaires par hectare au minimum). Les traitements phytosanitaires ne rentrent pas en ligne de compte.

S'engager dans le label haie

Ils sont 11 à entrer dans le dispositif. « On rémunère l’existant et si au bout de cinq ans, ils ont augmenté leurs linéaires, ils ont une rémunération complémentaire », développe Delphine Prévot.

Les agriculteurs peuvent percevoir jusqu’à 60 000 euros sur cinq ans, soit 12 000 euros par an. C’est l’Agence de l’eau Loire-Bretagne qui régale. 26 territoires comme celui de l’Oudon ont lancé un tel dispositif de PSE. Le dispositif prévoit aussi de l’accompagnement technique.

Les éleveurs s’engagent, dès la deuxième année du dispositif, à entrer dans le « label haie », c’est-à-dire s’appuyer sur un plan de gestion durable de la haie (PGDH), un outil de planification construit par un technicien bocage agréé, en concertation avec l’agriculteur. Ce PGDH propose une programmation des linéaires de haies à planter pour obtenir une maille bocagère accueillante pour la faune sauvage. Bref, entretenir une haie, cela ne s’improvise pas. « Il faut par exemple laisser un mètre de chaque côté de la haie sans traitements chimiques ni débroussaillage », décrit Delphine Prévot. Pas question non plus de brûler les branches élaguées.

PSE publics, PSE privés

Cette forme de PSE, impulsée par le ministère de l’écologie, s’appuie donc sur un système assez classique d’aides publiques. Comme pour les MAE, il s’agit de récompenser les bonnes pratiques. Là, en réalité, c'est une expérimentation. « Elle est encore assez anecdotique, une sorte de tour d’essai pour ces PSE publics », glisse Hélène Paillard, gestionnaire du projet LabPSE à l’association de développement agricole et rural Trame. « Cela reste du financement public, et le contrat vient d’en haut. »

Trame, qui accompagne les agriculteurs, préfère porter une logique de PSE co-construits. Ce sont des PSE privés, contractualisés entre une entreprise et un groupe d’agriculteurs. « Quand on décide d’aller sur des PSE privés, il y a plus de souplesse pour mettre en place une forme originale de contractualisation », remarque Hélène Paillard. Mais ce n’est pas simple : depuis trois ans que l’on est sur ces PSE privés, on a du mal à trouver des acheteurs privés, il n’y a pas forcément d’illumination du côté des entreprises », reconnaît-elle. 

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