« C’est une page qui se tourne, sans aucun regret, j’ai cru en cette passion, donner, soigner, élever, l’amour d’une famille, quelle grande fierté, j’en ai rêvé, je me suis battu pour finir épuisé… » Polyculteur-éleveur installé il y a quatre ans à Cussy, près de Bayeux (Calvados) sur la ferme familiale avec son père, Charles Henry a décidé de raccrocher, d’arrêter la production laitière. Et c’est par un poème publié sur son compte Facebook qu’il a décidé d’expliquer son choix.
« Je me suis installé en 2014 sur l’exploitation familiale avec mon père, avec l’objectif de nous spécialiser dans la production laitière », explique Charles Henry à la rédaction de Web-agri. Dès son installation, les deux associés investissent beaucoup pour doubler la production laitière, passant de 750 000 à 1,5 Ml. « Mais dès le début, on était toujours en train de courir après l’argent pour rembourser les emprunts. Nous voulions augmenter la production pour diluer les charges. Mais c’est l’inverse qui s’est passé : des coûts alimentaires et des frais de fonctionnement toujours plus élevés. C’est un cercle vicieux : cela engendrait toujours plus de travail ». La pression financière impacte progressivement sa vie familiale. « Je sortais de moins en moins, je ne faisais plus de sport, je ne voyais plus assez ma femme et ma fille, j’étais de plus en plus aigri. Nous n’avions plus de vie sociale. »
« Maintenant, il faut aller de l’avant »
Puis un jour, c’est le déclic. « À un moment, il fallait prendre une décision », poursuit-il. « Ça ne pouvais plus durer ». L’agriculteur va définitivement arrêter la production laitière courant décembre, et revendre tout le matériel et les équipements d’élevage.
« Publier ce poème, c’est une façon de tourner la page. Le passé, c’est le passé. Il faut l’accepter. Mais maintenant, il faut aller de l’avant. »
Lors de son installation, l’agriculteur avait créé un parc de loisirs à côté de la ferme. Ce dernier se développe bien, grâce à sa localisation au cœur d’une région touristique, avec la proximité de Bayeux et sa tapisserie et les plages du débarquement. « Nous allons nous concentrer sur cette activité, bien plus rentable, en plus des 180 ha de céréales. »
Dans son texte, Charles Henry veut aussi montrer à ses amis et tous ceux qui ne connaissent pas bien le métier d’agriculteur « tout le travail et le stress au quotidien que ce métier engendre ».
« Ce poème, ce n’est plus seulement le mien. Il est beaucoup partagé car, sans doute, de nombreuses personnes se reconnaissent dans ce que j’ai écrit. Ce poème, il appartient à tout le monde. » L’agriculteur ne pensait pas que son texte susciterait autant de réactions et de soutiens. Sa publication a été partagée plus de 20 000 fois. Les commentaires, essentiellement pour exprimer le soutien à l’éleveur, se comptent aussi par milliers. « J’ai même reçu des messages de soutien de Canadiens, Tunisiens et Suisses », s’étonne-t-il.
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