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Beaucoup d'éleveurs redoutent la fin des quotas au 1er avril 2015. Bien que bon nombre d'entre eux s'y soient préparés, la libéralisation du marché va encore accentuer l'absence de visibilité sur les prix. Florian Salmon, éleveur en Ille-et-Vilaine, ne pense pas faire évoluer son exploitation. Un témoignage extrait de Terre-net Magazine n°38.
« Malgré la fin des quotas, mes parents et moi n’allons pas faire évoluer notre exploitation à cause des contraintes environnementales. Nous atteignons les limites en matière d’azote et nous ne pouvons accroître ni le cheptel ni la production. La seule alternative : arrêter l’engraissement de porcs, mais la conjoncture laitière n’est pas assez bonne pour risquer cette spécialisation. La suppression des quotas au 1er avril 2015 fait un peu peur à tout le monde. Nous n’allons pas revenir sur la contractualisation, même si celle-ci a été mal préparée par les pouvoirs publics. Je redoute surtout que les éleveurs ne soient pas suffisamment organisés face aux industriels. Certes un travail important a été fait dans ce domaine, mais les OP doivent jouer un rôle crucial dans la régulation de la production.
En fait, la conjoncture laitière de ces derniers mois n’est pas vraiment favorable à la structuration de la filière. Avec des prix qui ont progressé au deuxième semestre 2013, les éleveurs n’ont peut-être pas pris entièrement conscience des profonds changements que l’abandon des quotas va engendrer. L’organisation des producteurs, comme celle de la filière, doivent être menées en cohérence avec les logiques territoriales.
En tant que responsable du dossier lait chez Jeunes agriculteurs, je m’inquiète aussi pour ceux qui voudront devenir éleveurs laitiers. L’accélération de la restructuration des exploitations pourrait rendre les installations plus difficiles et plus coûteuses. »
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