La consommation croissante de viande ovine en Asie détourne des marchés européens les exportations de Nouvelle-Zélande et d’Australie. Mais surtout, les deux premiers exportateurs mondiaux sont contraints de réduire leurs ambitions en raison du manque d’agneaux disponibles. La sécheresse qui a sévi l’an passé s’est traduite par une baisse des naissances d’agneaux. L’Australie prévoit une diminution de 17 % des ventes de moutons et la Nouvelle-Zélande de 5 %.
Mais les retraits de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie ne laissent aucun espoir aux éleveurs français de reconquérir des parts de marché. Cette année, la production française représente encore moins de 45 % de la consommation nationale.
Cependant, les baisses concomitantes de la consommation de viande ovine en France (- 3 %) et dans l’Union européenne (- 2 %) et des importations (respectivement - 8 % et - 3 %) valoriseront mieux la production de viande. Même si les coûts de production resteront élevés, les éleveurs d’ovins peuvent espérer de meilleurs prix de vente de leurs animaux. Mais une production limitée à 77 millions de tonnes cette année ne leur permettra pas de profiter pleinement du redressement des cours. En passant sous le seuil de 80 millions de tonnes, elle accuse un nouveau recul de 3,5 %.
A l’échelle de l’Union européenne, la production et la consommation reculent cette année. La Grande Bretagne et l’Irlande sont aussi attendues en retrait sur leur marché intérieur et à l’export. Les baisses de production et de consommation de viande ovine se traduiront sur le territoire britannique par un nouveau redéploiement des échanges commerciaux avec à la fois moins d’exportations et d’importations. En revanche, l’Espagne prévoit de vendre à des pays tiers davantage de viande en raison des quantités libérées par un fort recul de la consommation du fait de la baisse du pouvoir d’achat des Espagnols.
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