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Alimentation des veauxLait entier ou poudre de lait, lequel est le moins cher ?

La phase lactée est une période sensible, l'enjeu est double : assurer une croissance soutenue et éviter les problèmes sanitaires. Les plans d’allaitement pour les veaux sont nombreux : lait entier, lait en poudre, mixte lait-poudre… Comment choisir le bon plan d’allaitement pour mon élevage ?

Lait entier VS poudre de lait, techniquement est-ce la même chose ? Quasiment. Le choix dépend des objectifs et de l'organisation du travail. Si les objectifs de croissance sont très élevés, seuls les plans avec de la poudre de lait répondent à cette attente. Quand l’objectif est de réduire l’astreinte, les deux options sont possibles. Les plans « poudre » avec un repas par jour simplifient le travail.

Avantages/

inconvénients

Lait entierPoudre de lait
Difficile de gérer les variations de composition d'un jour à l'autre (mieux vaut travailler avec du lait mélangé de plusieurs vaches mais ne pas diluer le lait avec de l'eau chaude !).

Bon équilibre matière grasse/matière protéique.

Permet de déconnecter l'allaitement des horaires de traite.

Plus simple pour passer à 1 repas/j

Objectif : doubler le poids de naissance à 56 jours

Au cours du 1er mois de vie, la croissance est principalement assurée par le lait ou l’aliment d’allaitement. Le tableau ci-dessous montre les pratiques, et surtout les écarts, de distribution de lait entier ou reconstitué (données Ecolait BTPL) :

Lait entier

Poudre de lait

Distribution de lait

401 l/génisse (6,4 l/veau/j)

de 224 à 575 l *

45 kg/génisse (715 g/veau/j)

de 24 à 102 kg *

Prix du lait / poudre

Prix ?

1,9 à 2,0 €/kg

* : Attention, les croissances ne sont pas assurées dans toutes les situations.

En moyenne, une génisse reçoit 400 l de lait entier de la naissance au sevrage. Elle est sevrée à 9 semaines. En poudre de lait, c’est 45 kg par veau. Mais en pratique, les quantités distribuées vont du simple au double, voire plus. Pas étonnant, que régulièrement, dans les observations, trois génisses sur quatre n’atteignent pas les croissances souhaitées.

Avec du lait entier, les quantités sont souvent trop élevées. L’âge au sevrage est plus tardif et les quantités plus ou moins mesurées. Avec de la poudre de lait, c’est l’inverse. Nous retrouvons souvent moins de 600 g de poudre par veau par jour (avec des poudres standards). Les croissances ne sont pas assurées.

Il est important de définir un plan d’allaitement selon la stratégie souhaitée : pousser les croissances ou simplifier la distribution du lait.

  • Pour booster les croissances à 900 g/j et plus, l’idéal est de maintenir deux repas par jour avec des quantités de poudre de 1 000 g/veau par jour (voire plus). Au lait entier, il est plus difficile d’atteindre les mêmes croissances.
  • Pour privilégier le temps de travail, tout en assurant des croissances, il faut viser à minima 3,5 à 4 l par veau en un repas ou 750 g de poudre.

Avantage pour la poudre de lait

Il est possible d'évaluer le coût de l'allaitement. Ci-dessous la simulation pour un élevage de 80 vaches, 600 000 l livrés, 30 génisses sevrées/an, avec un prix du lait à 360 €/1 000 l toutes primes qualités et un prix de la poudre de lait à 2 €/kg.

Allaitement

Lait entier

Poudre de lait

Pour 1 génisse

400 l à 355 €/1000 l =  142 €

45 kg à 2,0 € /kg = 90 €

Pour 30 génisses sevrées

12 000 l consommés   =   4 260 €

1,35 t de poudre = 2 700 €

Coût de la phase lactée

4 260 €

2 700 €

Le lait non consommé par les veaux est livré

 

12 000 l livrés en plus = 4 260 €                      

+ 5 820 € avec la poudre de lait.

1 point de pénalité « Cellules » pendant 6 mois (lié à moins de tri du lait)

 

600 000 l x -3,049 € x 6/12 mois = -915 €

5 mammites en plus (les vaches infectées sont conservées)

 

5 x 230 €/mammite = 1 150€

+ 655 € avec la poudre de lait

L’écart de coût penche en faveur de la poudre de lait, + 6 000 €. Cela représente un bonus de + 10 €/1 000 l sur la marge brute. Même en considérant 1 point de pénalité sur 6 mois de l’année, le calcul reste favorable à la poudre de lait. Selon les grilles de paiement, si des primes de super-qualité sont perdues, l’écart se réduit.

Il ne faut pas oublier qu’en écartant le lait des vaches à problèmes, elles restent dans le troupeau, passent à la traite et risquent de contaminer des vaches saines. Ce risque de nouvelles infections est favorable aux plans poudre de lait.

En pratique, le lait distribué est un mélange entre du lait trié, non commercialisable, et du lait qui aurait pu être vendu. Nous pouvons alors retenir une partie du lait au coût de production marginal : prix vendu – charges opérationnelles, soit 355–166= 189 €/1 000 l.  En prenant 25 %, 50 %, 75 % du lait au prix marginal, la balance se ré-équilibe entre les deux solutions, sans toutefois que les plans d’allaitement lait entier ne prennent complètement l’avantage.

Est-ce pertinent de donner du lait « non commercialisable » à des veaux ? Non pour de jeunes veaux, au transit digestif plus délicat. Non plus pour du lait écarté pour des traitements intra-mammaires. Et non en termes d’image, auprès du grand public.

Au final, la question entre les deux solutions se pose. Si le lait distribué aux veaux peut être commercialisé, économiquement, il faut passer à la poudre de lait. D’un point de vue technique, les plans d’allaitement à la poudre de lait sont les seuls à assurer les objectifs dans des stratégies « forte croissance ». Ils allègent aussi le temps d’astreinte, pour les plans en un repas par jour.

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