Menu

Ils font l'agriculture européenneJanos, Hongrie : « Ici, pour survivre, il faut 1 000 vaches minimum ! »

Notre voyage à travers l'agriculture européenne touche à sa fin. Mais cette ultime halte dans un élevage en Hongrie, avant-dernière de la série, devrait être marquante pour les éleveurs français. Car, pour assurer la complémentarité entre productions animales et végétales, Janos gère deux exploitations : l'une de 4 000 têtes, dont 2 000 vaches laitières à la traite, et l'autre de 11 000 ha.


Cliquer sur les photos pour accéder aux témoignages.

La ferme que pilote Janos en Hongrie a été créée en 1800 par une famille noble. Étatisée durant le régime soviétique, elle a été privatisée dans les années 90. Aujourd'hui, elle est devenue une société anonyme de 60 actionnaires, dont les 8 principaux y sont exploitants. L'agriculteur est à la tête d'un atelier laitier de plus de 4 000 vaches, dont 2 000 en production, et d'une exploitation de 11 000 ha. Le lait est l'activité majeure. Les cultures sont complémentaires de l'élevage avec, pour objectif, son autosuffisance.

Tout est donc fait pour optimiser les performances laitières : sélection du troupeau, organisation du travail efficace. Résultat : une dizaine de bêtes ont produit plus de 100 000 l dans leur carrière et l'élevage est une référence dans le pays ; les autres sont à plus de 9 000 l pour la plupart sur 305 jours, et ne font que 2 à 3 lactations. Et les chiffres progressent en permanence, Janos visant une croissance de 10 % à trois ans. « Nous sommes fiers de notre cheptel. Les trophées gagnés, exposés dans la salle du conseil, montrent à tous nos efforts pour améliorer sans cesse la génétique », se félicite-t-il. 

« Le lait est payé moins de 300 €/t »

Ce dernier fait d'ailleurs venir des semences sexées des États-Unis et du Canada. 3 traites/jour sont effectuées grâce à un équipement de 32 postes, fonctionnant quasi sans interruption. Jusqu'à 90 000 l de lait peuvent être stockés sur place, l'équivalent de 2 jours de production seulement ! La ration est basée sur le maïs ensilage avec, en complément de la luzerne et de l'ensilage d'orge au stade pâteux. Soit 45 000 t/an de maïs sur 3 500 ha et 5 coupes/an de luzerne sur près de 600 ha ! « À cause de la sécheresse qui s'intensifie, les rendements en maïs peuvent varier de 5 à 12 t/ha, encore plus que du simple au double ! », constate le producteur.

5 500 ha de céréales, 1 100 ha de betteraves et 300 ha de pois sont cultivés. 80 % des terres sont louées, mais le système de location pourrait être mis en péril si l'État vient à autoriser les étrangers et les investisseurs à acheter du foncier agricole. Le site dispose de silos de stockage à plat, d'un séchoir et d'une station de semences monogames de blé et d'orge pour l'exploitation et la vente. Quant au matériel, des engins de l'ère soviétique côtoient des machines très modernes. Mais même pour ce type de structure, la rentabilité n'est pas garantie. « Ici, pour survivre, il faut 1 000 vaches minimum ! Le lait est payé moins de 300 €/t. Avec plus de 250 employés (en Hongrie, les salariés qualifiés sont difficiles à trouver et à garder) à 500 €/mois, il faut être très vigilant sur les coûts de production et sur l'équilibre avec la partie végétale. » 

Sommaire

Ils font l'agriculture européenne

Réagir à cet article

Sur le même sujet