Pour la première fois, aucun bovin au Salon de l'agriculture à cause de la DNC

Pour la première fois, aucun bovin au Salon de l'agriculture à cause de la DNC
(©Terre-net Média)

Il n'y aura aucun bovin cette année au Salon de l'agriculture, pour la première fois depuis que se tient ce rendez-vous annuel, en raison de l'épidémie de dermatose bovine, ont annoncé mardi les organisateurs.

« Je peux aujourd'hui malheureusement vous confirmer que nous avons pris acte hier (lundi) soir de la décision qu'il n'y aura aucun bovin au Sia 2026 », a dit à la presse son président, Jérôme Despey.  Une première dans l'histoire du salon parisien créé en 1964, mais aussi en 132 éditions du Concours général agricole. C'est « un coup dur pour le salon », qui laisse ses organisateurs « profondément attristés », a-t-il ajouté.

Cette décision est liée au choix des organismes de sélection (OS) des races bovines. « Nous avons travaillé sans relâche avec les OS pour tenter d'obtenir la présence de bovins limitée mais symbolique au salon », a-t-il souligné. « Le salon a tout mis en œuvre pour le permettre, mais j'ai toujours dit que je respecterais le choix des éleveurs et des races », a-t-il poursuivi.

C'est aussi un « coup dur pour les éleveurs, imaginez le travail d'une année, la préparation des animaux », a relevé Arnaud Lemoine, directeur du Centre national des expositions et concours agricoles (Ceneca). Cette décision intervient alors même que « 85 % des bovins » parmi les 500 à 600 qui devaient concourir venaient de zones indemnes de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Le protocole sanitaire n'a pas convaincu

Mais le protocole sanitaire pourtant strict du salon – qui s'ouvre cette année le 21 février – n'a pas convaincu. « Quand on élève pendant plusieurs années des bêtes de concours, on peut comprendre la peur des éleveurs » qui ont choisi de ne pas transporter leurs meilleurs animaux, a-t-il poursuivi.

Arnaud Lemoine a aussi souligné la « solidarité » des organismes de sélection
avec les éleveurs des zones touchées par la maladie, dont les animaux sont
bloqués en attendant la levée des restrictions le temps que l'immunité
vaccinale se construise.

« Pas de bovin, ça veut dire pas d'égérie au Sia », au grand désespoir des éleveurs d'outremer pour la première fois mis à l'honneur, a-t-il aussi indiqué. L'affiche du salon, qui devait être consacrée à Biguine, la vache brahmane égérie 2026, sera donc « changée », ont précisé les organisateurs. Les autres animaux (cochons, ovins, chiens, chats, chevaux et ânes) seront bien présents ainsi que les milliers d'exposants de produits de différentes régions.

La période avant le Salon de l'agriculture est traditionnellement celle où
les agriculteurs font pression sur les politiques, qui viennent ensuite défiler parmi les stands pour montrer leur proximité avec le monde rural. Ils seront cette année en campagne pour les élections municipales de mars.

« Des débats mais pas de combats »

En 2024, le premier jour du salon avait été fortement perturbé par des agriculteurs prêts à en découdre avec le président Emmanuel Macron. L'événement avait ouvert au public plus tardivement, dans une atmosphère tendue. Des manifestations avaient fait peser des craintes sur l'édition 2025, qui s'est finalement tenue dans le calme.

« On ne peut pas mettre la pression sur le salon (...) chaque année pour des
raisons différentes aussi importantes soient-elles (...) On n'a pas de problème avec les débats » mais « pas de combats », a lancé Arnaud Lemoine, appelant au « respect des visiteurs », qui sont en moyenne 600 000 à venir chaque année. 
Les organisateurs souhaitent un salon de la « solidarité » mais pas de tensions au Sia.

Jérôme Despey a d'ailleurs lancé le nouveau slogan de l'événement « venir c'est soutenir » l'agriculture française. « Il n'y aura pas de vaches mais il y aura tout le reste et même un peu plus, il nous reste un mois et demi pour être à la hauteur », a ajouté Arnaud Lemoine, refusant de donner le nombre de visiteurs nécessaire pour maintenir la rentabilité de l'événement.

L'absence de vaches risque en effet d'avoir un impact sur la fréquentation de ce salon grand public. Une conférence de presse aura lieu début février pour annoncer le programme remodelé de l'événement.

Réagir à cet article
Bons plans
Aperçu des marchés
Vaches, charolaises, U= France 7,57 €/kg net +0,02
Vaches, charolaises, R= France 7,36 €/kg net +0,02

Météo

Tapez un ou plusieurs mots-clés...