Fouille, analyse d’urine… un vétérinaire rappelle les gestes que tout éleveur doit savoir faire

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Vétérinaire qui enfile un gant de vêlage
De manière à identifier et traiter au plus tôt, après l'examen visuel, d'autres examens complémentaires peuvent être réalisés par l'éleveur. (©Terre-net Média)

Arnaud Triomphe, vétérinaire, nous rappelle quelques points d’attention à avoir pour traiter une pathologie avant qu’elle ne devienne trop importante. Détecter et identifier au plus tôt constitue un des points clés, mais devancer l’apparition des signes cliniques par le biais de vérifications fréquentes reste une des méthodes les plus sûres.

Après l’observation de signes visuels qui mettent la puce à l’oreille, il convient de réaliser des examens complémentaires, tels qu’une analyse de lait, prise de sang, ou encore l’observation des muqueuses. Ces observations permettent d’établir un pré-diagnostic, pour visualiser le problème au plus juste et au plus tôt.

Dans le cadre d’une formation « Maîtrise des actes de soin en élevage », organisée par la Chambre d’Agriculture de Seine-Maritime, Arnaud Triomphe, vétérinaire en Normandie et vice-président de la SNGTV (société nationale des groupements techniques vétérinaires) a communiqué sur quelques pratiques simples à mettre en place en élevage bovin.

Quand une vache ne se lève plus

Arnaud Triomphe alerte : « les bovins ont des petits poumons par rapport à leur taille et à leur poids. Quand un bovin est mal couché, quand il est étalé, cela handicape ses poumons et par conséquent sa respiration. Il est alors préférable de le redresser pour qu’il soit couché en sternal ».

Pour redresser une vache, le vétérinaire évoque la possibilité de le faire à l’aide d’un licol, ou encore de la redresser en poussant délicatement avec un ballot dans le godet.

Le vétérinaire prévient « si une vache qui vient de vêler ne se lève plus, il ne faut pas lui donner du calcium machinalement en pensant à une fièvre de lait. Cela peut être dû à une acétonémie, une fracture, ou encore une péritonite », explique-t-il. Une hypocalcémie ne fait pas varier la température corporelle. La prise de température permet alors d’affiner le diagnostic avant d’agir.

Analyses de lait et d’urine

Pour effectuer une analyse de lait, Arnaud Triomphe précise que les petits pots à échantillon fournis par le contrôle laitier ne sont pas stériles, contrairement à ceux fournis par les cabinets vétérinaires ; cela peut avoir un impact sur le résultat d’analyse. « Pour faire une analyse de lait dans les règles de l’art, il est préférable de porter des gants, désinfecter le trayon et tirer les premiers jets, déclare-t-il. Aussi, le mieux est de remplir le gobelet à échantillon en biais, pour ne pas faire tomber tout ce qu’il y a sur la peau dans le pot, poursuit-il ». Enfin, conserver l’échantillon au frais jusqu’à l’analyse.

En cas de soupçon d’acétonémie, « les bandelettes Keto-test permettent de mesurer facilement la présence de corps cétoniques dans le lait, annonce le vétérinaire. Si la bandelette vire au violet au contact du lait, le résultat est positif ».

« Une fouille vaginale doit être propre entre 40 et 60 jours après le vêlage »

Arnaud Triomphe est formel, « un examen génital est nécessaire avant la mise à la repro, et une fouille vaginale doit être propre entre 40 et 60 jours après le vêlage ». Dans la pratique, le vétérinaire recommande de mettre des gants de fouille -un gant par vache-, du gel, laver la partie extérieure avec une lavette humide, puis essuyer avec son coude -en ayant une cotte propre-. « On va jusqu’au col pour récupérer de la glaire, une bonne glaire est transparente » déclare-t-il.

Au quotidien, des signes indiquent le niveau de propreté des vaches : « une sorte de crème blanche au bord des logettes est souvent signe de métrite blanche, et ça veut dire qu’elle n’est pas propre, annonce le vétérinaire. Aussi, la queue de la vache doit être propre, s’il y a des croûtes en face de la vulve ce n’est pas bon signe ».

Sur la partie vêlage, Arnaud Triomphe apporte également quelques conseils « plus la cordelette est large, et en coton, mieux c’est. Une cordelette fine et en nylon peut casser la patte en tirant ». Doubler la corde en la passant au-dessus et en dessous du boulet permet de répartir la force.

Il rappelle l’importance du colostrum dans les premières heures de vie du veau « 2 à 4 litres dans les 2 à 4 premières heures de vie, parce que la barrière intestinale se met en place dès la 6ème heure ». Les anticorps sont moins bien assimilés passé ce délai.

Enfin pour ce qui est de la délivrance, si elle ne s’opère pas naturellement dans les 6 heures après le vêlage, « il est bien de le noter pour vérifier à 40 jours » conseille-t-il.

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