L'endométrite touche environ 20 % des vaches vers 30 jours après le vêlage et détériore leurs performances de reproduction. Comment diagnostiquer et traiter cette pathologie ? Entretien avec Barbara Fernandez, vétérinaire.
Jeune vétérinaire en zone rurale et fille d'éleveur, Barbara Fernandez a publié en 2022 une thèse (en collaboration avec Sylvie Chastant, professeure à l'école nationale vétérinaire de Toulouse) sur l'endométrite bovine.
Entretien sur cette pathologie fréquente du post partum :
Qu'est-ce que l'endométrite ?
Barbara Fernandez : « L'endométrite est une inflammation de l'utérus qui survient en général trois semaines après un vêlage, sans atteinte de l'état général. La forme clinique passe par des écoulements au niveau de la vulve et cela cause des problèmes de reproduction. »
« L'endométrite peut survenir chez toutes les vaches, c'est une pathologie multifactorielle (les principaux facteurs de risques sont les conditions de vêlage, la rétention placentaire et les métrites, les vaches laitières hautes productrices étant les plus touchées). »
Quelles sont les conséquences de l'endométrite chez la vache ?
« Une vache atteinte d'endométrite ne sera pas particulièrement malade, mais ses performances de reproduction se détérioreront : elle ne reprendra pas à l'IA, son cycle sera perturbé, elle reviendra en chaleur plus tardivement. On estime l'impact économique entre 30 à 60 € par cas. »
« Elle peut mettre plusieurs mois à s'en remettre d'elle-même, ça dépend des animaux, mais ce serait dommage de réformer une vache qui ne prend pas à l'IA à cause de ça alors qu'on peut la traiter. »
Comment diagnostiquer l'endométrite ?
« Toutes les vaches doivent être vues dès 21 jours après le vêlage et à la mise à la reproduction. On inspecte aussi celles qui ont des troubles ovariens ou qui sont en échec à l'insémination. »
Échographie et palpation inutiles : il faut fouiller le vagin avec un gant.
« L'éleveur doit fouiller ses vaches pour évaluer le contenu vaginal. S'il y a du pus, il faut traiter. » Pour la vétérinaire, c'est la meilleure méthode de détection « et elle suffit. L'échographie et la palpation transrectale sont des méthodes trop subjectives, l'observation des sécrétions est efficace et elle est à la portée de tous les éleveurs. »
Comment traiter l'endométrite ?
« Comme expliqué précédemment, on fouille la vache (avec un gant !) : si on ne voit rien d'anormal, tant mieux. Si les sécrétions vaginales sont légèrement troubles, on peut considérer que la vache va se gérer seule. Par contre, si le mucus contient du pus, il faudra traiter avec un antibiotique local intra utérin. Cela est peu coûteux (environ 15 €) et efficace. »
Endométrite = pas d'atteinte de l'état général = pas d'antibiotique par voie générale !
« Certains pourront vous parler d'injections de prostaglandine ou de traitements par voie générale (anti inflammatoire + antibiotique injectés dans le cou), mais ces deux méthodes ne sont pas efficaces (et augmente l'antibiorésistance dans le cas de l'antibiotique général). Même chose : les lavages utérins ne servent à rien, ils détruisent toute la flore, même la bonne. Le seul traitement ayant prouvé son efficacité est l'antibiotique positionné directement dans l'utérus. En plus, le délai lait est de 0 jour. Le seul bémol : il demande de maîtriser le geste pour atteindre le col. »
Pour vous aider, Barbara Fernandez a publié une fiche technique sur l'endométrite :
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