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Santé animaleUne goutte de lait pour une mine d'informations

La teneur en acide gras du lait nous renseigne sur la santé du rumen mais nous donne aussi des alertes "non nutritionnelles" sur la santé globale des animaux. (©CC)
La teneur en acide gras du lait nous renseigne sur la santé du rumen mais nous donne aussi des alertes "non nutritionnelles" sur la santé globale des animaux. (©CC)

Sur la base d'un échantillon de lait, on obtient un grand nombre d'informations sur la santé du rumen (et pas seulement). Beaucoup de travaux issus des entreprises de conseil en élevage ont notamment fait avancer l'analyse des acides gras et l'interprétation des différentes teneurs possibles.

Quand on parle d'acides gras du lait, on analyse en fait la composition de sa matière grasse. Cette mesure se fait sur échantillon, classiquement en laboratoire. Pour faire simple, il en existe de trois sortes :

- les acides gras préformés (C15, C17 et ≥ C18), qui proviennent des aliments ou des réserves corporelles ;

- les acides gras des novo (≤ C14) qui sont fabriqués dans la glande mammaire ;

- et les acides gras mixtes (C16).

Des teneurs qui varient selon la saison

La teneur en acides gras du lait évolue selon l'alimentation et le métabolisme de l'animal. Yannick Blanc de Fidocl conseil élevage recommande donc aux éleveurs de suivre cet indicateur toute l'année : « Il faut mettre les résultats en parallèle avec les différentes interventions, par exemple la mise à l'herbe de printemps, l'ouverture d'un nouveau silo, etc. »

Variation de la teneur en acides gras du lait
La teneur en acides gras varie au cours de l'année, d'où l'intérêt de suivre cet indicateur sur la durée. (©Fidocl)

Un indicateur de performance nutritionnelle (et plus)

« L'analyse régulière des acides gras du lait nous permet presque de suivre l'élevage à distance car elle nous fournit de précis indicateurs de santé du rumen », poursuit le conseiller. La teneur en acides gras préformés permet par exemple de déceler un déficit énergétique, les acides gras mixtes renseignent quant à eux sur l'ingestion, et les acides gras de novo sur la digestion.

Il faut aussi voir plus loin que la ration et tabler sur le non nutritionnel, « la teneur en acides gras nous donne aussi des indicateurs plus globaux ». Le conseiller tient un système de baromètre : « Si une alerte s'enclenche, on va voir ce qui se passe dans le troupeau. » Et il a constitué une check-list des points d'observation :

IngestionDigestionDéficit énergétique

- Refus insuffisants

- Auge vide

- Remplissage du rumen faible

- Qualité des fourrages (flaveur)

- Longueur particules et différences entre les aliments (triabilité)

- Types de bouses irrégulières

- Accessibilité de l'auge

- Concurrence à l'auge

- Taux de vaches couchées insuffisant (< 50 %)

- Problème d'aplombs/boiterie

- Abreuvement

- NEC faible

- Repousses des fourrages insuffisantes

- Disponibilité de la ration limitante

- Pas de gros repas (obj < 1h30)

- Taux MS ration faible

- Horaires pâture par rapport à la chaleur

- Disponibilité en sel

- Bouses : résidus importants

- Note de rumen

- Note de rumination (coup de mâchoire)

- Manque de confort de couchage

- Propreté des vaches

- Comportement à l'auge

- Aplombs (rouges)

- Concurrence à l'auge

- Yeux rouges/croutes jaunes

- Tamisage ration

- Nec trop faible

- Perte importante de
NEC après vêlage > 1,5

- Qualité des fourrages

- Préparation vêlage

- Confort logement

- Poils dressés sur échine

- Cou cassé

- Problèmes de vêlages

- Aplombs sensibles

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