Les résultats des 215 fermes laitières du réseau Inosys permettent à l’Institut de l’élevage de dégager plusieurs tendances de fond sur la période 2014-2022, une période traversée par différents chocs et ruptures (aléas climatiques, fin des quotas laitiers, crise covid...). Quelles sont les dynamiques à l'oeuvre dans les 25 exploitations du Massif Central, en zone de montagne et Piémont du sud ?
Plus de surfaces, plus de vaches, plus de lait et moins de main d’œuvre, c'est en résumé l'évolution des fermes laitières étudiées dans la région, un profil qui explique la tendance à la robotisation et à l’automatisation. Sur la période 2014-2022, la SAU augmente de 10 ha par ferme en moyenne (dont 8 ha de SFP). Le nombre de vache par exploitation augmente essentiellement entre 2014 et 2019, avec quatre vaches supplémentaires par ferme.
Un prix du lait en hausse, mais des charges qui explosent
Entre 2014 et 2022, on constate un prix du lait en augmentation de 57 €/1 000 litres, passant ainsi de 361 € à 418 €, mais cette augmentation n’a rien de linéaire et les prix ont fluctué en fonction des années. Au total, le produit lait progresse de + 47 000 € par unité de main d’œuvre (UMO) par exploitation, également grâce au prix du coproduit viande.
Néanmoins, les charges totales s’envolent en parallèle, augmentant de + 51 000 €/UMOex, mais les produits de l’atelier lait couvrent cette augmentation, et permettent un résultat courant en hausse de 7 000 €/UMOex. Les coûts de production grimpent de +54 €/1 000 litres sur la période, mais l’augmentation du prix du lait, la légère progression de celui des vaches de réformes, ainsi que l’augmentation des aides permettent de couvrir les coûts de production. Le revenu disponible par UMOex passe ainsi de 27 505 €/UMOex à 38 255 €/UMOex, soit presque deux Smic. Un résultat proche de l’objectif de la loi Egalim -mais il ne faut pas perdre de vue que les fermes du réseau Inosys ont été choisies pour leurs performances supérieures à la moyenne.
En revanche, ces huit années sont également marquées par une hausse des investissements, avec pour conséquence une augmentation du capital d’exploitation à hauteur de 100 000 € supplémentaires par unité de main d’œuvre, ce qui pose aujourd’hui problème en matière de transmission : il faut désormais reprendre 350 000 € par UMO au cédant si l’on veut s’installer.
A noter, par ailleurs, que ces résultats sont donnés en euros courants, et ne prennent donc pas en compte l’inflation.
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