Les résultats des 215 fermes laitières du réseau Inosys – des exploitations qui ont globalement une performance supérieure à la moyenne – permettent à l’Institut de l’élevage de dégager plusieurs tendances de fond sur la période 2014-2022, une période traversée par différents chocs et ruptures (aléas climatiques, fin des quotas laitiers, crise covid…). Les grandes lignes de ce tableau ont été présentées lors du Sommet de l’élevage, le 2 octobre.
Une nette progression du salariat
Première constatation, le salariat a progressé dans toutes les catégories de structures, même si ces dernières restent familiales. Ainsi, en conventionnel, la part de la main d’œuvre salariée est passée de 12 % en 2014 à 22 % en 2022, tandis que dans les exploitations en agriculture biologique, où le salariat était déjà plus répandu, ce taux passe de 22 % à 28 %.
En parallèle, on constate, sur les exploitations en bio, une disparition progressive, voire totale, de la main d’œuvre bénévole dont le taux passe de 6 % à 1 %, tandis qu’en conventionnel, cette proportion diminue seulement de 1 %, passant de 6 % à 5 %.
La main d’œuvre totale reste quasiment stable sur la période, avec 2,5 unités de main d’œuvre par exploitation (UMO).
Un agrandissement général des surfaces
En moyenne, les exploitations suivies connaissent un accroissement des surfaces de + 14 hectares, un phénomène plus marqué en plaine qu’en montagne, mais tous les systèmes connaissent cette dynamique. C’est surtout l’augmentation de la superficie fourragère principale (SFP) qui explique celle de la SAU. 159 à 173 ha pour le conventionnel en plaine, 114 à 131 ha pour le bio de plaine, de 94 à 105 ha en système conventionnel de montagne.
Ces surfaces augmentent plus vite que le nombre d’animaux, conduisant à l’extensification des élevages. Ainsi, l’agrandissement des troupeaux s’est fait au rythme d’une vache par exploitation et par an. On passe ainsi de 20 UGB bovin viande en moyenne à 17 UGB bovin viande.
Augmentation de la production et robot de traite
Si certaines exploitations (20 %) ont réduit leur production, essentiellement celles en bio ou en conversion, la majorité l’a augmentée. En parallèle, on constate un développement des robots de traite, dans toutes les zones d’élevage et dans tous les systèmes, hors système AOP et Montagnes du Jura. On comptait ainsi 22 exploitations équipées en 2014, tandis qu’elles sont 43 en 2022.
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