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Reportage dans l'Oise (60)La Rouge des Prés s'installe sur une exploitation céréalière

Jean-Baptise et Mélanie Fourdraine se sont lancés dans l'élevage de Rouge des Prés il y a 5 ans. Bien qu'encore jeune et éloigné du bassin de production, l'élevage de la Ferme de la Cense bénéficie déjà d'un palmarès prometteur. Le couple d'éleveurs prépare d'ailleurs son prochain concours : le Space 2021, avec Neptune qui a déjà obtenu le prix de la jeune femelle issue d'IA au concours national de la race de 2019.

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Depuis 5 ans, des Rouges des Prés ont trouvé domicile chez Jean-Baptiste et Mélanie Fourdraine à Allonne, dans l’Oise (60). L’ exploitation céréalière de 350 ha n’avait plus connu d’ élevage depuis l’installation du père de Jean-Baptiste dans les années 80, mais voyant la passion de son épouse, inséminatrice, pour la Rouge des Prés, l’agriculteur a décidé de lui offrir deux premières vaches en 2016. Ensuite, « le troupeau n’a cessé de s’agrandir. Nous n’avons eu que des femelles pendant deux ans, ça nous a permis de développer notre élevage assez vite : nous aurons 20 vêlages cette année ».

Pour ce qui est des concours, « nous avons eu de la chance car nous avons eu de bons premiers animaux grâce auxquels nous avons pu partir sur de bonnes bases. C’est en partie ce qui nous permet de concourir au Space aujourd’hui ». Il n’empêche que le couple est féru de génétique. Toutes les vaches sont à l’ IA et les éleveurs peuvent raisonner au cas par cas pour effectuer des croisements intéressants. Jean-Baptiste et Mélanie Fourdraine cherchent avant tout la qualité de viande et le poids carcasse pour satisfaire leurs débouchés en boucherie traditionnelle. « L’intégralité de la viande est écoulée grâce à un partenariat avec des boucheries du Beauvaisis, c’est agréable d’avoir le retour des bouchers sur la qualité de la viande. »

Nous recherchons des vaches faciles à élever.

Le couple d’éleveurs aime avant tout avoir des vaches agréables à vivre. « Nous recherchons des vaches faciles à élever et qui vêlent facilement. Et si elles peuvent être bonnes laitières, c’est encore mieux ». Ils accordent également beaucoup d’importance au tempérament des animaux. « Au vêlage, je peux presque toutes les traire sans les attacher », confie l’éleveuse.

La qualité de la viande tient une grande place à leurs yeux : « On veut du persillé et du goût. De toute manière généralement, on sait qu’on mange du bœuf quand on mange de la Rouge des Prés ! » Concernant la morphologie, c’est avant tout la largeur de bassin qui est recherchée. Si la Rouge des Prés a souvent une réputation de vache à vêlage difficile, il n’en est rien à condition de sélectionner les bons animaux. « En cinq ans, nous n’avons jamais fait de césarienne. » La finesse d’os est également recherchée. « Les marchands de bestiaux lui reprochent souvent d’avoir de gros os mais la sélection a permis d’améliorer ce point. Aujourd’hui, si on la compare à une Charolaise, la Rouge des Prés n’a pas à rougir de sa grosseur d’os ! », se défend l'éleveuse.

Utiliser le gène culard avec parcimonie

Toutes les vaches de l’exploitation sont génotypées. Cela permet notamment de gérer l’introduction du gène culard au sein de la race. Pour Mélanie, « c’est important d’utiliser ce gène avec parcimonie. Je trouve intéressant de croiser de temps en temps un porteur du gène avec un non porteur pour développer la masse musculaire tout en préservant l’ aptitude aux vêlages ». Cette stratégie semble porter ses fruits : Rubis, un des veaux issus de l’exploitation est aujourd’hui reproducteur, et son frère Sirius s’apprête à passer les tests pour rentrer en station de reproduction.

Être excentré du bassin traditionnel de la Rouge des Prés n’empêche pas de contribuer à l’animation de la race, au contraire. Mélanie est d’ailleurs administratrice à la Sica Rouge des Prés, et elle explique qu’au contraire, « c’est un atout pour la commercialisation. Il faut juste anticiper un peu ses commandes pour l’IA, mais les techniciens de l’OS se déplacent sans problème ».

Neptune, prix de jeune femelle issue d'IA au concours national de 2019

Rouge des Prés
Passionnés par la race, Jean-Baptiste et Mélanie Fourdraine participent au concours de la race au Space avec Neptune. (©Terre-net Media)
Concernant les concours, « on n’y allait pas forcément pour gagner ! Au premier, nous avions fini avant-dernier. Nous avons progressé d’années en années. En 2017, Miss Flore a obtenu sa première récompense à Agrimax, puis c’est Neptune qui a commencé à faire ses concours. En 2019, elle a obtenu le prix de championnat meilleure femelle issue d’IA à Lamotte-Beuvron. Cette année, elle remettra son titre en jeu au Space le mardi 14 septembre à l'occasion du concours national. »

Il arrête sa batteuse pour faire un vêlage.

L’ installation de l’atelier d’élevage sur l'exploitation céréalière s’est faite progressivement. « Nous avons tout acheté d’occasion à l’exception d’un râtelier en pâture. » Réintroduire l’élevage a permis de mieux valoriser les 20 ha de pâture présents sur la ferme ainsi que les SIE, qui servent toutes à l’alimentation des vaches. L'élevage aide également à  diversifier l’assolement. Les contrats semence de luzerne permettent par exemple de sécuriser les stocks de fourrage pour les bovins tout en assurant un débouché supplémentaire. Aujourd’hui, l’exploitation est totalement autosuffisante. Pour ce qui est de la charge de travail, Mélanie, double active, fait les bêtes au matin, et Jean-Baptiste au soir. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la graine de l’élevage a bien pris chez Jean-Baptiste, maintenant « il arrête sa batteuse pour faire un vêlage » !

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