L'action interrégionale des producteurs de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire « aura lieu à partir du lundi 22 août au soir » devant l'usine Lactalis, a annoncé à l'AFP Pascal Clément, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de l'ouest (FRSEA). Mais « en Mayenne, on n'exclut rien pour le dimanche soir. On est en capacité de commencer dès le 21 » août, a dit à l'AFP Philippe Jéhan, président de la FDSEA de Mayenne et administrateur de la FNSEA.
Cette action « est prévue pour une durée indéterminée, car on veut reprendre les négociations (avec Lactalis) et trouver un accord » sur un meilleur prix du lait, a souligné Philippe Jéhan.
Lactalis, « plus mauvais payeur »
Lactalis est plus particulièrement la cible de la colère des producteurs de lait, car l'entreprise paye en ce moment 256 euros les 1.000 litres de lait à ses producteurs. « Ce sont les plus mauvais payeurs » en France, « ils payent de 10 à 30 euros de moins que leurs concurrents », a déploré M. Clément. « On est dans une situation dramatique et les prix continuent de se dégrader », s'est plaint M. Clément. Or, « les groupes laitiers ont fait des résultats en très forte hausse l'an passé et confortent leurs résultats au premier semestre », a-t-il dit. « Nous, a indiqué M. Jéhan, on revendique un prix de revient à 386 euros (les 1.000 litres) en Mayenne », un prix qui prend en compte « un salaire d'un SMIC et demi », a-t-il précisé.
L'action « aura une durée indéterminée car il est hors de question d'attendre septembre » pour obtenir de meilleurs prix de la part de Lactalis, a détaillé M. Jéhan. « Nos trésoreries sont exsangues », a-t-il dit, et par ailleurs les producteurs de lait craignent de faire face, à court terme, à une hausse de leurs charges, en raison des faibles rendements des céréales dus aux intempéries du printemps et de la hausse des prix de la nourriture animale.
En juillet 2015, plusieurs centaines d'agriculteurs au volant de leur tracteur avaient convergé vers Lactalis, déjà pour protester contre la faible rémunération de leurs productions
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