Le ministre détaillait à Bercy, aux côtés de ses homologues des Finances Michel Sapin et de l'Economie Emmanuel Macron, les mesures destinées à alléger l'endettement des éleveurs, qui constitue l'un des principaux problèmes du secteur.
Concrètement, des « cellules d'urgence » regroupant l'Etat, les banques et la Médiation du crédit vont étudier au cas par cas les dossiers des exploitations les plus en difficulté pour restructurer leurs prêts, c'est-à-dire allonger la durée de remboursement afin de réduire les annuités (montant remboursé chaque année à la banque).
Pour les jeunes agriculteurs et les jeunes investisseurs, l'annuité 2015 pourra être reportée en fin de prêt. Les coûts seront supportés par Bpifrance qui garantira jusqu'à 500 millions d'euros de crédit bancaire. « Dès cette semaine, le fonds de garantie de Bpi sera mis en place », a assuré Emmanuel Macron à l'issue d'une réunion avec des représentants des banques mutualistes, de la banque publique d'investissement Bpifrance et de la Médiation du crédit.
Ce fonds repose sur un dispositif existant, à destination des Pme, mais qui va être adapté aux éleveurs, a-t-il expliqué. Ils pourront y accéder sans remplir certaines conditions, comme un chiffre d'affaires minimum de 750.000 euros, ou un minimum de trois années d'existence. « On donne la possibilité aux banques de réaménager les crédits court terme, avec une garantie de 70 % de la Bpi », a-t-il ajouté.
C'est la Médiation du crédit, un dispositif qui permet de faciliter les négociations entre banques et entreprises, qui sélectionnera les dossiers et les triera par ordre de priorité. « La mobilisation du gouvernement est totale. Aujourd'hui, la priorité c'est de faire réussir les engagements qui ont été pris par l'ensemble des acteurs », a affirmé Stéphane Le Foll, alors que des barrages filtrants d'éleveurs en colère subsistaient dans certaines régions mardi. « C'est normal de rester vigilant, mais le message que je fais passer aujourd'hui c'est celui de la responsabilité », a-t-il ajouté à leur adresse.
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