Rennes, 23 juil 2015 (AFP) - Le plan du gouvernement pour venir en aide aux filières agricoles en crise n'a pas convaincu les syndicats en Bretagne, première région agricole française, où les éleveurs ont averti jeudi que les manifestations reprendraient prochainement.
« Ce plan, c'est un peu comme les subprimes : on donne de la dette qui va se rajouter à des dettes », a commenté Didier Lucas, président de la Fédération départementale d'exploitants agricoles (Fdsea) des Côtes-d'Armor, à l'issue d'une réunion à Rennes en préfecture de région.
Sur les 600 millions d'euros annoncés par le gouvernement, les syndicats considèrent que 550 millions seront à rembourser, alors que nombre d'entre eux n'ont toujours pas fini de rembourser les dettes contractées dans le cadre d'un précédent plan sous la présidence de Nicolas Sarkozy. « Mais sur les prix, on n'a rien du tout, et rien non plus sur l'étiquetage » de la viande française, a estimé Didier Lucas.
Pour la première fois depuis des mois, le porc a franchi le cap des 1,40 euro ce jeudi au marché au cadran de Plérin (Côtes-d'Armor) qui sert de référence au plan national. « 1,40 euro le kilo, c'était notre demande en février. Mais aujourd'hui, c'est insuffisant car on a tous accumulé les pertes ces derniers mois. On n'arrivera pas à rembourser nos prêts. Il nous faut des prix pour honorer nos dettes », a lancé Didier Lucas. « Ca va exploser (...) on n'a pas le choix. C'est la survie des exploitations qui est en jeu », a-t-il poursuivi.
« A court terme, il y a des moyens de mis, mais sur le long terme, rien n'est résolu. Quelles politiques agricole et agroalimentaire voulons-nous ? Quel nombre de paysans voulons-nous ? Ce sont des questions qui n'ont pas été abordées », a relevé René Pouëssel, de la Confédération paysanne.
La Coordination rurale a comparé les mesures annoncées à « un cataplasme sur une jambe de bois », par la voix de son vice-président régional, Hervé Guillerm. « Les actions reprendront au mois d'août, après la moisson », a-t-il estimé.
A l'issue de la réunion, le préfet de région, Patrick Strzoda, a mis en garde les agriculteurs, affirmant avoir « donné des instructions » pour que cessent certaines formes de contestation violente - contre les grandes surfaces ou les entreprises, par exemple - de même que les blocages de circulation. « Plus de 80 procédures sont en cours depuis "la nuit de la détresse" » menée par les producteurs il y a trois semaines, a indiqué le préfet.
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