« Nous avons valorisé (les prix, Ndlr) sur la viande fraîche vendue en l'état, et là la grande distribution a joué le jeu. Sur les produits élaborés, sur l'exportation et sur la collectivité nous n'avons pas pu passer des hausses de prix », a assuré le directeur délégué du Sniv, Paul Rouche, interrogé sur France Info. « Il y a des abattoirs qui vendent la viande fraîche en l'état aux grandes surfaces, et sur cette partie là il y a eu une revalorisation, entre 3 et 7 centimes », le kilo, a-t-il expliqué.
Le 17 juin, lors d'une table-ronde organisée sous l'égide du ministère de l'Agriculture, les participants, distributeurs comme abatteurs se sont engagés à augmenter progressivement les prix des bovins abattus de 5 centimes par semaine.
Ensuite, sur les autres débouchés que sont les steack hachés, les produits transformés, et les plats cuisinés « nous n'avons eu aucune augmentation de la part de la grande distribution, et cela représente autour de 45 % des volumes vendus », a assuré le directeur délégué.
En disant avoir pris en compte les demandes des éleveurs, la grande distribution a, selon Paul Rouche, « menti par omission, elle a bien fait son boulot sur la viande fraîche vendue en l'état, mais il n'y a pas eu d'augmentation sur tout ce qui est élaboré, transformé, surgelé ». « Sur la restauration hors foyer, il n'y a pas eu de possibilité de valorisation », non plus, a ajouté Paul Rouche.
Le directeur délégué du Sniv a rappelé par ailleurs que « le secteur de l'abattage, dans le porc avec Gad et Aim comme dans le bovin, est extrêmement fragile ». « Notre fragilité est due à une baisse de la consommation globale de toutes les viandes, mais surtout, nous sommes des entreprises de main d'œuvre et nous devons faire face à une concurrence des pays comme l'Allemagne et l'Espagne où le coût de la main d'œuvre avec l'utilisation de travailleurs détachés est totalement discriminatoire. » « Cela va de 6 euros chez eux à 15 euros chez nous le coût de l'heure », assure-t-il.
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