Déception en Normandie. Dans le cadre de la révision de l’AOP, le projet de nouvelle aire géographique protégée intègre seulement deux communes en Seine-Maritime (contre zéro auparavant) et une dizaine de nouvelles dans l’Eure. Il s’agit des communes historiques, et non celles issues de regroupements. On est loin de l’accord de février 2018, qui souhaitait intégrer toute la Normandie dans l’aire géographique protégée. Sous l’égide de l’Inao, il avait été signé entre les acteurs de la filière camembert pour enterrer la hache de guerre entre l’appellation d’origine et le « fabriqué en Normandie ». Le projet de nouvelle zone est en consultation publique dans les mairies depuis le 8 juillet jusqu’au 9 septembre. Il est aussi consultable sur le site de l’Inao.
Réclamations jusqu’au 9 septembre inclus
Jusqu’au 9 septembre inclus, éleveurs, élus, etc. « ayant un intérêt légitime dans le dossier » peuvent envoyer une réclamation par courrier recommandé avec accusé de réception à l’antenne Inao de Caen (6 rue Fresnel, 14 000 Caen) ou par courriel (INAO-CAEN@inao.gouv.fr). Sur leur site internet, les cinq chambres d’agriculture normandes proposent un courrier type avec les arguments justifiant la demande d’intégration de sa commune dans la zone. Ils portent sur l’exploitation mais aussi sur la commune (pluviométrie, prairies, effectif de race normande, tradition fromagère, etc.). Dans le Perche, dans le sud de l’Orne, Joël de Koninck prépare une réclamation. « Ma commune, Courcerault, a fusionné avec Boissy-Maugis et deux autres dans Cour-Maugis-sur-Huisne. Boissy-Maugis est retenue, pas Courcerault. Je ne comprends pas pourquoi. Dans le Perche, beaucoup de producteurs ont arrêté le lait. Il faut encourager ceux qui conservent cette activité. » Dans la plaine d’Alençon (Orne), Romain Montebran va lui aussi envoyer un courrier recommandé à l’Inao. « Mon troupeau est en 100 % normandes. Mes vaches pâturent de mars à novembre. J’ai l’esprit de l’AOP mais ne suis pas dedans », regrette-t-il.
Pas au-delà des frontières normandes
L’autre déception vient des communes mayennaises et d’Ille-et-Vilaine en bordure de la Normandie. La filière camembert fait le choix de limiter l’AOP au territoire régional. « Pourtant, nous avons le même terroir que les communes de l’autre côté de la frontière administrative », protestait un éleveur mayennais au concours national normand, à Mayenne le 20 juillet. Lui aussi va envoyer une réclamation.
La publication du nom des communes n’est pas accompagnée d’une carte. C’est le mot d’ordre de l’Inao. Dommage. Cela complique la visualisation du projet.
Claire Hue
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