À quelques exceptions près (Bel, Saint-Père, Isigny Sainte-Mère), on s’oriente, à trois mois de la fin de l’année, vers une hausse de moins de 5 €/1 000 l par rapport à 2017.
Ceux qui rêvaient d’une loi sortie des EGA (États généraux de l’alimentation) qui aurait un impact rapide sur leur prix du lait ont vite déchanté. Les prix pratiqués depuis le début de l’année n’ont clairement pas été à la hauteur des espoirs. Mais pouvait-il en être autrement ?
Rappelons que cette loi n’a pour ambition que de ramener de la valeur sur les PGC vendus en France. Ils ne pèsent que 60 % du mix-produit moyen. Pour le reste (PGC export et produits industriels), c’est la concurrence européenne et le marché mondial qui donnent le « la ».
Et ce n’est que lorsque cette loi sera votée et les ordonnances promulguées qu’on peut espérer un effet positif sur le prix du lait. « Pour redonner de la valeur ajoutée aux PGC, laminés par des années de guerre des prix entre GMS, et être ainsi en capacité de rehausser le prix du lait qui y est destiné, il faudra que quatre points soient actés : la hausse du seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions, l’interdiction de prix abusivement bas et l’obligation de clauses de renégociation des contrats en cas de variation des prix des matières premières », explique, réaliste, Damien Lacombe, président de Sodiaal. Il faudra aussi que les GMS et les transformateurs jouent le jeu.
Orientation positive, mais très en deçà des attentes
Il faudra surtout que cette loi soit votée avant le 1er octobre. Cette date butoir marque le début des négociations annuelles du prix des produits sous marques. On ne saura qu’à leur terme, fin février, si l’on peut nourrir des espoirs positifs pour le prix du lait… 2019. L’heure de vérité donc pour toute la mécanique des EGA qui, espérons-le, donnera tort aux premiers concernés. Une enquête de notre confrère Agrodistribution(n° 296) montre qu’une large majorité des producteurs doute d’un quelconque effet pour leur chiffre d’affaires vente de lait.
En attendant, ils vont encore ronger leur frein en 2018. D’après notre observatoire (voir ci-contre), on s’oriente tout droit vers un quasi-statu quo par rapport à 2017. Certes l’orientation est positive, mais très en deçà des attentes après le trou creusé dans les trésoreries, que la nette remontée du prix en 2017 n’a pas comblé. Il est vrai qu’on partait de très bas en 2016.
Chez les ténors de notre industrie (Sodiaal, Lactalis et Savencia), la hausse, à trois mois de la fin de l’année, est de moins de 2 €. Le + 3 € de Savencia est dû à une saisonnalité de + 10 € appliquée au T3, qui sera reprise au T4. Sans elle, la hausse ne serait que de 0,50 €. Avec son prix de base à 340 € annoncé pour octobre, Sodiaal Ouest tend vers un + 2,50 €, à 328,30 € (lait à 38/32 super A).
Hausse nette pour Bel, Isigny, Saint-Père et LSDH
Les hausses notables sont le fait de cas particuliers. À commencer par Bel. Avec son prix de base moyen annuel de 350 €, la hausse sur 2018 sera de 30 €, à 364 € (lait à 38/32 super A)… Sans compter les bonus pâturage (6 €) et non OGM (15 €). Les livreurs de Saint-Père (Intermarché) gagnent 10 €, à 344 € (fin septembre). Belle performance également d’Isigny Sainte-Mère : 28 € grâce aux 26 € ristournés au titre de 2017. Les livreurs LSDH qui, depuis janvier, ont pris le train du lait C’est qui le patron ?! progressent aussi sensiblement de 18 €, à 351 € (prix sur 12 mois glissant en juillet) avec, en moyenne sur sept mois, 20 % de leurs livraisons mensuelles payées sur la base de 390 €/1 000 l.
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