Pour nourrir son troupeau de 65 laitières et ses génisses, Yoann Buchot a choisi un godet désileur et mélangeur Mélodis de chez Emily. Cet équipement lui permet d’adapter facilement la ration et d’obtenir de bons résultats techniques.
« Cela fait plus de dix ans que je nourris mon troupeau avec un godet mélangeur monté sur le télescopique, explique Yoann Buchot, éleveur à Ampoigné, en Mayenne. Je suis installé seul en EARL avec un salarié qui m’aide à gérer un troupeau de 65 vaches laitières. La traite est assurée par un robot de traite Lely A5, acheté en 2023. Pour l’alimentation du troupeau, je voulais un système simple, économique mais performant, avec une ration mélangée. Sur ma ferme, investir dans un bol sur remorque n’était pas envisageable d’un point de vue financier. Le choix de ce godet désileur et mélangeur sur le télescopique s’est donc très rapidement imposé comme la meilleure des options. »
Pesée intégrée dans le circuit hydraulique
L’éleveur en est actuellement à son deuxième équipement. Ce modèle Emily Mélodis de 3,4 m³, acheté en 2019, est monté sur un chargeur télescopique Kramer KT 407. Le godet possède une spire horizontale entraînée par hydraulique qui assure un brassage homogène des fourrages, grâce à des pales en forme de spirales. Le fond du godet est couvert d’une tôle en inox afin de protéger la structure de l’acidité de l’ensilage.
Au moment de l’achat, Yoann Buchot a opté pour une fraise rotative qui assure un désilage rapide et laisse un front d’attaque net. Du côté gauche, une trappe latérale, avec une ouverture de type guillotine pilotée par un vérin, permet de distribuer la ration le long des cornadis. Chacune de ses fonctions est connectée au troisième distributeur hydraulique du télescopique. Le chauffeur dispose en cabine d’un boîtier grâce auquel il sélectionne électriquement l’action qu’il veut commander. Chaque matin, l’exploitant réalise deux godets pour nourrir les vaches laitières, puis deux autres pour les génisses et les vaches taries. Le soir, il redonne un godet supplémentaire aux laitières. À chaque remplissage, il charge d’abord le maïs, puis complète avec de l’herbe et ajoute des céréales qu’il prend avec un seau dans un silo vertical. « Il me faut moins de dix minutes pour charger tous les produits, les mélanger et distribuer la ration au cornadis, précise l’éleveur. Un godet plein contient environ 1,2 tonne de fourrages. Le maïs représente souvent entre la moitié et les deux tiers de la ration. Pour bien doser les quantités à charger, j’ai équipé le chargeur d’un système de pesée intégrée de marque RDS, fonctionnant avec des capteurs dans le circuit hydraulique de la flèche : un outil indispensable pour être précis. Ensuite, je calcule mes besoins via l’application du constructeur Emily installée sur mon téléphone. Le seau de correcteur que j’ajoute sert surtout à donner un peu plus d’appétence aux fourrages. Les vaches reçoivent le complément de leurs aliments concentrés quand elles passent au Dac du robot de traite. »
Un seul moteur à démarrer
Sur l’exploitation, les silos sont situés juste à côté de la stabulation. Le brassage s’effectue pendant les phases de déplacement du télescopique, ce qui évite de perdre du temps. L’éleveur estime que le mélange est toujours homogène. Il utilise uniquement de l’herbe récoltée avec de l’ensilage et donc hachée finement. La spire ne peine jamais, même lorsque la part d’ensilage d’herbe atteint les 50 %. Au quotidien, cela nécessite entre 35 et 40 minutes de travail pour une seule personne. « Un des principaux avantages de travailler avec le godet sur le télescopique, c’est que je n’ai qu’un seul moteur à démarrer le matin, souligne Yoann Buchot. Cela m’évite aussi d’avoir à monter et descendre sans arrêt pour passer d‘une cabine à l’autre, comme ce serait le cas avec un bol mélangeur placé derrière un tracteur. À chaque tournée, je ne descends qu’une seule fois pour ajouter le seau de céréales. Je possède aussi une pailleuse de la marque Emily, que j’utilise avec le télescopique. Elle est assez complémentaire du godet dessileur. Ces matériels sont faciles à atteler et dételer : des opérations moins pénibles qu’à l’arrière d’un tracteur. La seule contrainte est d’avoir un télescopique suffisamment puissant, avec une bonne capacité de levage et un gros débit hydraulique. »
Actuellement, l’EARL possède un Kramer KT 407 de 136 ch affichant une charge maximale de 4 t, qui remplace son ancien télescopique Kramer, le KT 355, de 136 ch également mais qui était limité à seulement 3,5 t. Chaque année, ce télescopique réalise environ 800 heures de travail, dont près de 300 pour le poste alimentation. Le reste du temps est consacré au curage et au paillage des stabulations ainsi qu’aux différentes activités de manutention. Il est équipé de pneus de type industriel, conçus pour rouler sur les surfaces dures, en remplacement des pneus agraires habituels. En effet, ce chargeur passe plus de temps sur les sols bétonnés de l’exploitation que dans les champs.
Un entretien facile
Côté maintenance, le godet Emily demande assez peu d’attention : quelques graissages mensuels au niveau des axes et des roulements suffisent. Le fond en inox résiste bien dans le temps. La lame d’usure située en tête de godet a été changée au bout de la troisième année d’utilisation. Ayant connu un accrochage contre un mur de silo avec son premier modèle, Yoann Buchot a soudé lui-même des protections sur les parois latérales de son second godet.
L’objectif était notamment de protéger le vérin et les articulations au niveau de la trappe de distribution. Des renforts que le constructeur installe désormais lui aussi directement à l’usine, preuve que la pratique des utilisateurs fait évoluer le matériel. Sur le plan économique, l’investissement reste raisonnable, puisque l’équipement de Yoann Buchot ne lui a coûté que 20 000 € en 2019. L’éleveur estime qu’une remorque mélangeuse, même d’occasion lui serait revenue plus cher à l’achat mais aussi à l’usage. « Tout faire depuis le télescopique est confortable, ajoute-t-il. La cabine est accessible et j’ai une bonne visibilité. Le travail de désilage est propre et le mélange est de qualité. Avec une ration relativement simple, j’arrive à une production moyenne de 36 kg de lait par jour et par vache. Je n’aurais pas de raison d’investir dans du matériel plus coûteux. »
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