Pour sa rentrée, la coopération laitière a voulu rappeler sa diversité et son ancrage sur le territoire : 240 entreprises engagées sur tous les segments de marché, mais majoritairement sur les PGC. Le secteur a connu des mouvements de restructuration ces dix dernières années, même si les trois leaders à plus de 1 Md€ de chiffre d’affaires (Sodiaal, Eurial et Laïta) sont encore loin des géants d’Europe du Nord et de leurs outils, largement plus compétitifs que les nôtres, pour se disputer le marché des ingrédients. Nos coopératives assurent quand même 23 % de leur CA à l’exportation. La Chine est le client important et nombre de coopératives ont investi dans le lait infantile sur cette destination. « Un marché qui se complexifie », reconnaît le président, Damien Lacombe. Ce débouché chinois ne serait pas l’eldorado attendu avec moins de volumes que prévu. L’ADN des coops restera les produits à valeur ajoutée et notamment les PGC France. D’où l’appel du président à ce que la loi Égalim 2 aille plus loin que le projet annoncé, pour mieux accompagner les transformateurs dans les futures négociations commerciales avec la distribution. Un des points sensibles est la prise en compte des marques distributeurs (MDD) qui représentent deux tiers des PGC commercialisés par la coopération.
Hausse impérative de 5 à 7 %
« En 2021, l’augmentation du prix du lait à la production devrait se situer aux environs de 15 €/1000 l. Nous subissons par ailleurs une hausse exceptionnelle des matières premières nécessaires à nos métiers. Nos charges explosent, il est impératif d’obtenir une hausse des prix de vente industriels sur nos PGC de l’ordre de 5 à 7 %. Nous ne pourrons pas nous passer d’une inflation sur les produits laitiers pour retrouver de la valeur et assurer nos engagements pour une filière plus vertueuse à travers France Terre de Lait », avertit Damien Lacombe. Un signal à la grande distribution pour des entreprises qui considèrent avoir joué le jeu des EGA, notamment avec la présentation d’un prix prévisionnel objectif aux adhérents. Mais on ne voit toujours pas apparaître de coût de production dans les formules de prix des grandes coops. Dernier point préoccupant, les ventes en recul des produits laitiers bio (p. 22). « Nous prenons nos responsabilités et plusieurs coopératives ont stoppé les conversions bio. »
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