Le numéro un de la coopération allemande, numéro un tout court dans son pays par sa collecte, avait déjà à gérer les préavis de départs d’adhérents pour 500 millions de litres au 31 décembre 2017. 1,2 milliard de litres se sont rajoutés pour le 31 décembre 2018. 25 % du lait transformé par l’entreprise (6,7 milliards) sont en jeu. Rien de moins ! Cette vague qui ne semble orchestrée par personne, hormis les éleveurs eux-mêmes à titre individuel, s’explique par le ressentiment envers la coopérative qui paie l’un des plus mauvais prix du lait d’Allemagne du Nord. En 2016, le prix de base a frôlé les 200 €/1 000 litres. En décembre, il était remonté à 310 €, mais restait 40 € derrière la coopérative Ammerland, qui collecte en partie sur la même zone.
Une masse de lait en jeu qui pose les limites d’un départ
Depuis l’officialisation de ces souhaits de départ, DMK, qui a investi 500 M€ dans ses capacités de traitement depuis 2012, a rappelé avec force, par la voix de Heinz Korte, président du conseil de surveillance, que « la priorité de la direction n’est plus de faire de la croissance externe, mais de mieux valoriser le lait ». Les assemblées de section programmées en mars seront capitales pour juguler cette crise de confiance et constitueront l’une des dernières chances de faire renoncer les mécontents de quitter le navire.
« Les éleveurs sont déboussolés. Il n’y a personne pour leur donner une orientation claire. C’est leur manière de protester », constate ce conseiller technico-économique en Basse-Saxe. Il reste que la masse des volumes en jeu pose elle-même les limites d’un départ. Quel industriel pourrait reprendre ce lait transformé par DMK ? Ammerland a déjà annoncé qu’elle n’accepte pas de nouveaux livreurs dans l’immédiat.
Konrad Richter
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