La coopérative laitière de Côte-d’Or (CLCO) a une vision réaliste de son avenir. Senagral, à laquelle elle vend 100 % de son lait standard (50 Ml sous contrat), a besoin d’elle pour rentabiliser son site de produits frais à Jouy, dans l’Yonne. Mais alors que son contrat est en pleine renégociation, la désormais filiale d’Eurial (groupe Agrial) rappelle aux 95 producteurs concernés que les 46 Ml qu’ils livrent ne pèsent que 25 % du lait transformé sur le site bourguignon. Le reste vient du site normand de Gruchet (Seine-Maritime), qui ne fabrique que36 000 t de produits frais pour 136 Ml collectés… Et sans doute plus demain.
La CLCO sait aussi que pour redynamiser le lait sur sa zone de polyculture, les producteurs, les plus jeunes notamment, ont besoin de pistes concrètes pour réduire leurs charges et améliorer la valorisation de leur lait… le plus mal payé dans l’Est (voir notre Observatoire du prix du lait p. 30).
Le soutien de Dijon Céréales
C’est tout l’objet de la réflexion entamée au printemps dernier. Elle débouche sur deux actions qui s’articulent autour d’une des richesses locales, la culture de la luzerne. Son intérêt environnemental lui ouvre la voie d’un GIEE. Un dossier en ce sens a été déposé avec l’appui de Dijon Céréales. Au-delà de ses intérêts multifacettes (économie d’engrais azoté, autonomie protéique, moindres risques d’acidose), la luzerne est aussi une piste pour diversifier les assolements et allonger les rotations… Ce qui pourrait séduire des céréaliers qui deviendraient partenaires des éleveurs (contrat d’échange luzerne-effluents d’élevage).
Un débouché à créer de A à Z
Dans un second temps, la CLCO espère bien aussi pouvoir tirer profit des éléments nutritionnels propres au lait de luzerne. D’après le laboratoire vétérinaire NBVC, il serait plus riche en lactoferrine et lactoperoxydase, deux antibactériens naturels, mais aussi en vitamine A. Ce sont là des atouts certains auprès des consommateurs que la CLCO aimerait valoriser, en marge et en sus de son contrat avec Senagral. Le projet en réflexion serait de vendre du lait produit avec de la luzerne positionné haut de gamme (vendu 0,80 à 0,90 €/l). L’objectif serait dans un premier temps réduit à 5 Ml. Mais reste à résoudre deux points clés : trouver des débouchés durables auprès de GMS ou en RHF et répondre à la question délicate de qui mettra ce lait en bouteille. Car pour préserver les taux de lactoferrine et lactoperoxydase, il faudra vendre du lait pasteurisé et non UHT. Ce qui revient à dire que CLCO devrait prendre en main cette étape… Un défi économique en soi à assumer avec la prise de risque qui va avec.
Jean-Michel Vocoret
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