« Alors que je viens de terminer la période des vêlages débutée en avril, mon troupeau continue de patiner. Le lait attendu n’est pas au rendez-vous. D’habitude, j’ai des pics de production à 40 kg. Cette saison, les meilleures laitières ont atteint les 30-35 kg maximum. Cela a commencé par une mise à l’herbe dans des conditions pourries. Les animaux sont sortis une semaine, puis ont dû être rentrés pendant un mois et demi à cause de l’excès d’humidité. Cela a continué avec un maïs ensilage rationné depuis mars, et tout l’été à 15 kg au lieu des 25 kg habituels, du fait du manque de stocks de l’an dernier. Le complément s’est fait avec l’enrubanné fraîchement récolté, mais d’une qualité nutritionnelle très mauvaise vu les conditions de récolte. Les laitières ont attaqué le nouvel ensilage de maïs récolté fin août, tout début septembre. Mais la qualité n’a pas non plus été au top avec une valeur de 0,88 UFL à 28 % d’amidon et beaucoup de cellulose. En ensilant 50 % de maïs, en plus des rendements tombés de 10-12 t de MS/ha à seulement 7 t, j’aurai assez de stock pour aller jusqu’en septembre. Mais j’ai toujours ce foutu enrubannage à faire consommer. Bref, au lieu d’une « moyenne troupeau » tournant autour de 27 kg/VL/jour, je plafonne à 22 kg. Quant à essayer de produire plus en compensant cette qualité médiocre du fourrage par plus de concentrés distribués, je n’y pense même pas avec du lait à 280 €/1 000 1 en novembre. Ce qui me sauve, ce sont les taux obtenus grâce à mon troupeau de brunes. Je tourne à 47 de TB et 36,5 de TP. »
« Mon troupeau patine depuis plus de six mois »
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