Si le lait de consommation continue d’être prisé des Français, la filière est menacée par la difficulté à revaloriser le prix de vente, dans un contexte de forte hausse des coûts. Alors que les renégociations commerciales s’avèrent compliquées, les prix de l’alimentation animale risquent également de flamber avec la sécheresse qui s’annonce, prévient le Syndilait.
« Il faut aller chercher 15 à 20 %, crever le plafond de verre des 1 € le litre », insiste Éric Forin, président de Syndilait. Le syndicat du lait de consommation a alerté le 10 mai sur la nécessaire revalorisation du prix de vente, dans un contexte de forte augmentation des coûts de production, qu’il s’agisse de la hausse drastique des intrants côté production, ou de la flambée des emballages (+ 70 %) au niveau des laiteries comme de celle des prix de l’énergie, cette dernière étant nécessaire à leur fonctionnement.
« Le lait fait partie des aliments de base les plus abordables », rappelle Éric Forin, qui le compare ainsi aux baguettes Tradition vendues largement au-dessus d’un euro dans les boulangeries, à une boîte d’œufs, ou même au timbre aujourd’hui à 1,15 euro. « 20 % d’augmentation sont nécessaires pour préserver la souveraineté de la filière laitière », alors que 98,5 % du lait consommé en France est collecté dans l’Hexagone, ajoute-t-il. Depuis 2015, les importations ont diminué de 82 %. En 2020, l’excédent commercial de la filière représentant 85 M€, avec 180 millions de litres exportés, contre 40 millions de litres importés.
Une incitation à détourner les éleveurs du métier
En raison de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur les prix des matières premières, les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs ont été de nouveau ouvertes en mars. Néanmoins, « ces renégociations sont très compliquées », regrette Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait. « Beaucoup d’intervenants n’ont pas compris ce qui se passe », poursuit-il, évoquant une hausse nécessaire de 50 à 60 euros les 1 000 litres pour les éleveurs. Sans quoi, « on va avoir des réveils difficiles », et une forte baisse à venir de la collecte laitière. Sans compter que la sécheresse qui menace va entraîner une baisse de la production et un nouveau renchérissement de l’alimentation animale.
« Toutes ces problématiques d’inflation sont vraiment un encouragement à se détourner de ces métiers très engageants », ajoute Éric Forin, pour qui de plus en plus d’éleveurs pourraient ainsi se tourner vers les cultures. Une véritable problématique quand on sait ce que le lait apporte au niveau nutritionnel, mais également sur le plan de l’économie et de la dynamique dans les territoires. La filière représente 24 000 emplois en régions, et 57 000 élevages.
Une filière dynamique et engagée pour la durabilité
En parallèle, la consommation se maintient à 2,76 milliards de litres, après une hausse exceptionnelle liée aux confinements de 2020 (2,92 milliards de litres de lait), et représente 12,5 % de l’ensemble des produits laitiers vendus en grande distribution (en valeur), soit 2,27 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, une hausse de 1,2 % par rapport à 2019.
La filière travaille également à améliorer sa durabilité, avec d’une part le logo "Lait collecté et conditionné en France", aujourd’hui sur plus de 60 % des briques et bouteilles et renforcé par une charte d’engagements. Un travail important est également mené pour atteindre le 100 % d’emballages recyclés. Pour faire connaître les vertus de cette filière, plusieurs laiteries se mobiliseront dans le cadre de la journée mondiale du lait, ouvrant leurs portes entre le 1er et le 22 juin.
Votre email professionnel est utilisé par les sociétés du groupe NGPA pour vous adresser ses newsletters
et les communications de ses partenaires commerciaux. Vous pouvez vous opposer à cette communication pour nos partenaires en cliquant ici.
Consultez notre politique de confidentialité
pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.
Notre service client est à votre disposition par mail : serviceclients@ngpa.fr.
Banette, la Prim’Holstein qui a produit 184 909 litres de lait en 14 lactations
« On ne peut pas garantir que la viande importée du Mercosur soit sans hormones »
Des Aubracs qui font des kilomètres pour pâturer et entretenir le territoire
Jules et Apolline, installés hors cadre familial : « Sans Terre de liens, ça n’aurait pas été possible »
Sabine et Cédric Lecointe ont investi 200 000 € dans le robot de traite GEA DairyRobot R9500
Décision de l'UE sur le Mercosur : au Salon de l'agriculture, on crie à la « trahison »
La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe
Prix des engrais : la tendance « clairement orientée à la hausse »
Guerre en Iran : hausse du gaz, du pétrole et des engrais, quels impacts pour l’agriculture ?
Chez Sébastien Renier, « avoir assez de fourrage pour 155 vêlages, c'est un vrai stress »