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Lait de consommationSans revalorisation, la souveraineté de la filière est menacée

Face à la flambée des coûts de production et d'emballage, une hausse des prix de 20 % est nécessaire pour la filière lait de consommation, estime le Syndilait. (©Pixabay)
Face à la flambée des coûts de production et d'emballage, une hausse des prix de 20 % est nécessaire pour la filière lait de consommation, estime le Syndilait. (©Pixabay)

Si le lait de consommation continue d’être prisé des Français, la filière est menacée par la difficulté à revaloriser le prix de vente, dans un contexte de forte hausse des coûts. Alors que les renégociations commerciales s’avèrent compliquées, les prix de l’alimentation animale risquent également de flamber avec la sécheresse qui s’annonce, prévient le Syndilait.

 

« Il faut aller chercher 15 à 20 %, crever le plafond de verre des 1 € le litre », insiste Éric Forin, président de Syndilait. Le syndicat du lait de consommation a alerté le 10 mai sur la nécessaire revalorisation du prix de vente, dans un contexte de forte augmentation des coûts de production, qu’il s’agisse de la hausse drastique des intrants côté production, ou de la flambée des emballages (+ 70 %) au niveau des laiteries comme de celle des prix de l’énergie, cette dernière étant nécessaire à leur fonctionnement.

« Le lait fait partie des aliments de base les plus abordables », rappelle Éric Forin, qui le compare ainsi aux baguettes Tradition vendues largement au-dessus d’un euro dans les boulangeries, à une boîte d’œufs, ou même au timbre aujourd’hui à 1,15 euro. « 20 % d’augmentation sont nécessaires pour préserver la souveraineté de la filière laitière », alors que 98,5 % du lait consommé en France est collecté dans l’Hexagone, ajoute-t-il. Depuis 2015, les importations ont diminué de 82 %. En 2020, l’excédent commercial de la filière représentant 85 M€, avec 180 millions de litres exportés, contre 40 millions de litres importés.

Une incitation à détourner les éleveurs du métier

En raison de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur les prix des matières premières, les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs ont été de nouveau ouvertes en mars. Néanmoins, « ces renégociations sont très compliquées », regrette Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait. « Beaucoup d’intervenants n’ont pas compris ce qui se passe », poursuit-il, évoquant une hausse nécessaire de 50 à 60 euros les 1 000 litres pour les éleveurs. Sans quoi, « on va avoir des réveils difficiles », et une forte baisse à venir de la collecte laitière. Sans compter que la sécheresse qui menace va entraîner une baisse de la production et un nouveau renchérissement de l’alimentation animale.

« Toutes ces problématiques d’inflation sont vraiment un encouragement à se détourner de ces métiers très engageants », ajoute Éric Forin, pour qui de plus en plus d’éleveurs pourraient ainsi se tourner vers les cultures. Une véritable problématique quand on sait ce que le lait apporte au niveau nutritionnel, mais également sur le plan de l’économie et de la dynamique dans les territoires. La filière représente 24 000 emplois en régions, et 57 000 élevages.   

Une filière dynamique et engagée pour la durabilité

En parallèle, la consommation se maintient à 2,76 milliards de litres, après une hausse exceptionnelle liée aux confinements de 2020 (2,92 milliards de litres de lait), et représente 12,5 % de l’ensemble des produits laitiers vendus en grande distribution (en valeur), soit 2,27 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, une hausse de 1,2 % par rapport à 2019.

La filière travaille également à améliorer sa durabilité, avec d’une part le logo "Lait collecté et conditionné en France", aujourd’hui sur plus de 60 % des briques et bouteilles et renforcé par une charte d’engagements. Un travail important est également mené pour atteindre le 100 % d’emballages recyclés. Pour faire connaître les vertus de cette filière, plusieurs laiteries se mobiliseront dans le cadre de la journée mondiale du lait, ouvrant leurs portes entre le 1er et le 22 juin. 

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