« Nous avons toutes et tous le pouvoir d'aider la filière laitière bio. Nous sommes 28 millions de foyers en France : si chaque foyer achète un pack de lait bio dans les prochains mois, alors chaque producteur Biolait peut vivre décemment et sereinement de son métier », plaide l'entreprise dans un communiqué.
La filière française du lait bio traverse une crise de croissance. Elle doit vendre une partie de la production moins cher, au prix du conventionnel, car l'offre dépasse la demande qui ralentit après des années de croissance à deux chiffres.
Biolait, qui collecte 30 % du lait bio français, se trouve dans une situation particulièrement délicate.
Cette société au fonctionnement coopératif, avec 1 400 fermes adhérentes, ne possède pas d'outils de transformation, ce qui la rend dépendante des industriels à qui elle vend son lait. Or ces derniers, qui ont souvent encouragé les conversions vers le bio chez leurs producteurs maison, croulent sous le lait.
Le leader français des produits laitiers Lactalis déclasse actuellement autour de 30 % du lait bio qu'il collecte, indique-t-il à l'AFP.
« De nombreuses fermes sont en difficulté et pourraient être contraintes d'arrêter leur activité », met en garde Biolait.
« En réduisant la production du lait dans leurs fermes familiales, les producteurs Biolait font tous les efforts possibles pour s'adapter au marché et stabiliser la filière sans brader le prix du lait bio », mais « ces actions solidaires ne suffisent pas à passer le cap », poursuit le collecteur, disant avoir « plus que jamais besoin du soutien des consommateurs ».
Selon l'interprofession laitière, le Cniel, la collecte de lait bio pourrait atteindre 1,35 milliards de litres d'ici à fin 2022 (+22 % par rapport à la collecte 2020) et 4 400 producteurs (+10% par rapport à 2020). Dans le même temps, « les ventes s'essoufflent depuis le début de l'année 2021 sur toutes les catégories de produits » laitiers bio.
Du côté de la Fédération nationale d'agriculture biologique, on réfute l'idée que le lait bio a atteint un « plafond de verre » en France. Son président, Philippe Camburet, met en avant le gisement de demande potentielle des cantines.
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