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Difficultés en élevage laitierJean-Marie Séronie : « Pour certains éleveurs, la crise a eu lieu l’an dernier »

Agro-économiste, Jean-Marie Séronie dresse une analyse acerbe des difficultés rencontrées en élevage laitier. « Si certains éleveurs sont en grande difficulté, la filière, elle, n’est pas en crise », estime-t-il. Selon lui, les éleveurs ne doivent pas se précipiter sur la mesure de « l’année blanche ».

[Vidéo] L’analyse de Jean-Marie Séronie sur les difficultés du secteur laitier

 (Cliquez sur la vidéo pour la démarrer)

Interrogé sur le plateau de la Space web-tv lors du Space 2015 à Rennes, l’agro-économiste Jean-Marie Séronie livre son analyse des difficultés rencontrées par le secteur laitier. « Des éleveurs sont effectivement dans des situations personnelles très difficiles. Mais globalement la filière laitière n’est pas en crise structurelle. »

Selon l’expert, 2015 est pour la filière laitière une « période basse » liée à la volatilité « normale et durable » du prix du lait. « Pour certains éleveurs, la crise était il y a un an, lorsque, malgré une situation très favorable, ils n’étaient pas en mesure de constituer des réserves de précaution », explique-t-il, tout en rappelant que « le prix du lait a dépassé les 400 €/1 000 l en 2014 ».

L’année blanche, solution de dernier recours

Parmi les mesures gouvernementales annoncées le 3 septembre 2015, « l’année blanche est une solution à considérer avec beaucoup de précaution ». L’année blanche consiste à reporter en fin de tableau le remboursement de l’annuité 2015. « Or la plupart des emprunts ont été réalisés avec des taux d’intérêt bien plus élevés qu’actuellement. Prolonger d’un an des emprunts aux taux d’intérêt élevés n’est pas économiquement intéressant. Tant que possible, il vaut mieux éviter de recourir à cette solution et plutôt négocier un prêt à court terme. »

L’agro-économiste préconise une réforme profonde de la fiscalité. « La fiscalité ne favorise pas la constitution de réserves. Or pour résister économiquement dans une conjoncture difficile, il faut pouvoir compter sur des réserves de précaution. Il faudrait arrêter de fiscaliser les revenus laissés en réserve dans les exploitations. »

Réagissant aux revendications du syndicalisme majoritaire en matière de normes environnementales, Jean-Marie Séronie estime que les difficultés ne viennent pas d’une « surtransposition de ces normes ». « La directives Nitrates par exemple, n’a pas été suffisamment appliquée par la France qui a été sanctionnée par Bruxelles ».

« Un allègement des normes fera-t-il que les éleveurs pourront plus facilement agrandir ? Non, car les difficultés sont d’ordre sociétal. C’est en pédagogie qu’il faut agir. »

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