« On ne change pas d'idée tous les jours », a déclaré Patrice Drillet, dont la coopérative était déjà absente du marché lundi, jugeant trop cher le prix du porc à 1,40 euro le kilo, fixé avec le gouvernement à la mi-juin. Bigard, numéro un de la viande en France, qui n'avait pas non plus participé à ce marché lundi, entraînant la suspension de la cotation, contacté mercredi par l'Afp, a indiqué qu'il ne souhaitait pas communiquer.
« Avec le prix d'1,40 euro exigé par l'État français, 0,28 euro sépare aujourd'hui le cours français du cours allemand, 0,38 euro du cours hollandais », a en outre expliqué la Cooperl dans un communiqué diffusé mercredi matin. « Aujourd'hui, la coopérative augmente ses pertes à chaque fois qu'elle achète au Mpb ». « On ne peut pas supporter 30 centimes d'écart avec le marché européen, sans soutien du marché de la part de l'Europe », a commenté Patrice Drillet lors de son entretien avec l'Afp. « On réclame des outils de gestion en cas de crise pour lutter contre le différentiel » entre les prix, a-t-il ajouté, soulignant qu'il avait eu un échange mardi avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, à qui il a annoncé sa décision de ne pas participer au marché breton, jeudi. « On est conscients que ça pose des problèmes, mais on est surtout conscients que si on ne fait rien, c'est la filière entière qui s'expose à une paupérisation dans les mois qui viennent », a dit Patrice Drillet.
« Chaque semaine, la coopérative (Cooperl), achète et abat 110.000 porcs : 100.000 proviennent des adhérents de la Cooperl et ceci ne change pas et 10.000 proviennent du marché du porc breton. C'est ce volume marginal qui n'est plus acheté par la coopérative », a-t-elle réexpliqué dans son communiqué mercredi.
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