Paris, 11 août 2015 (AFP) - Le président de la Fnsea, Xavier Beulin réclame une « stratégie à 20 ans » pour sortir des crises à répétition dans l'élevage, comme celle que connait de nouveau le porc depuis lundi.
« J'appelle, non pas à une énième table ronde, mais à prendre le temps de réécrire une stratégie à 20 ans pour l'agriculture, la (gestion) de la situation à la petite semaine comme aujourd'hui n'est pas satisfaisante » a estimé mardi Xavier Beulin sur Europe 1. « Nous vivons une situation jamais vécue depuis plusieurs décennies et propre à notre pays, avec de grandes difficultés de compétitivité et une forme de dumping social au sein même de l'Europe pratiquée par nos voisins », a-t-il ajouté.
Depuis lundi, les deux principaux acteurs de l'abattage de porcs, Bigard et la Cooperl, ont suspendu leurs achats au marché au cadran de Plérin jugeant que le prix convenu au sein de la filière d'1,40 euro/kilo était intenable pour les abattoirs, comparé au prix en Allemagne ou en Espagne.
Depuis le mois de juin le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll colmate les différentes crises de l'élevage - porc, bovin lait et viande - en convoquant des réunions de filière entre producteurs, transformateurs industriels et distributeurs pour enrayer l'effondrement des cours. Pour Xavier Beulin cette tactique a fait son temps. « Les éleveurs français ne sont pas plus mauvais que les autres et souvent même un peu meilleur techniquement mais nous partons avec un handicap de 10 à 15 centimes (du kilo) par rapport à nos voisins » remarque-t-il.
Paul Auffray, le président de la fédération nationale des éleveurs de porc (Fnp) parle carrément de « pratiques mafieuses » de la part des industriels allemands et espagnols. « Les distorsions salariales en Europe tournent à des pratiques mafieuses en Allemagne et en Espagne, on ne peut pas continuer avec des concurrents, chez nos voisins, qui tournent à 5 euros de l'heure et s'assoient sur les normes sociales avec l'approbation de la commission européenne », a-t-il dit sur la même antenne.
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