« Aujourd'hui, 60 % de la viande de porc est vendue en promotion par la Gms à des prix qui couvrent à peine les coûts de production. J'ai la possibilité de prendre un arrêté pour encadrer ces opérations, dès lors qu'elles perturbent le marché », a indiqué Stéphane Le Foll à l'Afp, au terme de plus de deux heures de réunion avec les acteurs de la filière porcine.
Le ministre a demandé aux représentants des Gms d'engager une concertation avec l'interprofession pour parvenir à une solution. « J'ai préféré leur laisser jusqu'à la fin avril pour me faire une proposition », a-t-il dit. Selon les éleveurs, les cours actuels du porc leur permettent à peine de survivre. « Il nous manque 20 centimes par kilo pour s'en sortir », a déclaré Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (Fnp), pour qui, « la guerre des prix condamne l'élevage français à court terme ».
Le ministre, qui a souligné l'impact aggravant de l'embargo russe sur une filière déjà en crise, a annoncé des allègements de charges pour 9 millions d'euros et un soutien à l'investissement de 65 millions d'euros au total, dont 20 millions immédiatement au titre du deuxième plan d'investissement agricole (Pia), afin d'accroître la compétitivité des élevages français. « La réunion a aussi permis de sensibiliser les banques (au sort des éleveurs) en les appelant à renégocier les taux d'intérêt des emprunts », a ajouté Stéphane Le Foll. Selon les trois banques présentes, 10 % des éleveurs sont actuellement en défaut de paiement. Plusieurs mesures devront également garantir l'accès des exploitants aux dispositifs favorisant l'emploi des jeunes et des seniors.
La réunion de mardi, la première de cette ampleur depuis avril 2013, a rassemblé une quarantaine de représentants de la filière autour du ministre : éleveurs, abatteurs, transformateurs et distributeurs. Au même moment, le tribunal de commerce de Coutances (Manche) examinait le sort des abattoirs Aim et de leurs 500 employés. Un an après la fermeture des abattoirs Gad dans le Finistère.
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