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Retour à l'établePour-on ou injectable, comment bien choisir un vermifuge ?

La saison de traitement, les temps d’attente des antiparasitaires internes selon la production et le spectre d’action sur les différents vers doivent être pris en compte dans le choix du vermifuge. (©Terre-net Média)
La saison de traitement, les temps d’attente des antiparasitaires internes selon la production et le spectre d’action sur les différents vers doivent être pris en compte dans le choix du vermifuge. (©Terre-net Média)

À chacun sa préférence ! Certains utilisent les vermifuges par voie orale, quand d’autres choisissent la voie injectable ou d’autres encore le déposent sur le dos de l’animal. Les traitements antiparasitaires sous forme d’un liquide à verser sur le dos de l'animal, dits « pour-on » ou « topiques », sont pratiques et simples à utiliser. Pour cela, ils ont la côte auprès des éleveurs. Toutefois, ils présentent un certain nombre d'inconvénients, tant zootechniques qu'écologiques. Et sur le plan économique, ils ne sont pas non plus toujours les plus intéressants.

« Le pour-on, c'est rapide, c'est hyper pratique, mais ce n'est pas précis », commente Jean-Philippe Allix, vétérinaire à Cerisy-la-Salle (50). « C'est très pratique, mais c’est adapté au traitement de tout un lot », confirme son collègue Alexandre Servera, vétérinaire à Saint-Hilaire-du-Harcouët (50). « Il faut en mettre beaucoup sur le dos de l'animal, car seulement 20 à 30 % du produit va réellement être efficace », poursuit-il. « En outre, l'assimilation du produit peut être faible, par exemple si un animal a les poils longs ou s’il a de la boue sur lui. »

Des inconvénients soulevés lors de plusieurs études

Les praticiens, comme les éleveurs, reconnaissent le côté très pratique du pour-on pour l'administration des traitements antiparasitaires. Cependant, de plus en plus de publications scientifiques en pointent les limites :

- hétérogénéité des doses administrées (impossible de doser selon le poids de l'animal, avec des risques de sous-dosages voire de surdosages),

- léchage par les congénères (avec là encore, risques de sous et surdosages),

- dissémination dans l'environnement et potentielle écotoxicité (à l'administration du produit et par excrétion dans les bouses),

- impossibilité de faire des traitements ciblés,

- risque accru de favoriser l'apparition de résistances chez les parasites. En cas de sous-dosage, les parasites peuvent apprendre à résister aux molécules, et comme tout le lot est traité, la pression de sélection des résistants est élevée.

Dans le « référentiel de gestion raisonnée et durable du parasitisme bovin au pâturage en zones humides », publié en 2020, la SNGTV (société nationale des groupements techniques vétérinaires) estime, qu'au vu de tous ces facteurs, et, en particulier des risques pour l'environnement, l'agence européenne du médicament pourrait « préconiser des restrictions d’usage » des formes pour-on. Les auteurs ajoutent que « les formes injectables, à efficacité équivalente, utilisent beaucoup moins de substance active que les formes topiques (pour-on). Pour les endectocides, les concentrations en principe actif des pour-on bovins sont généralement 2,5 fois plus élevées que celles des injectables. »

Préférer les traitements sélectifs et arrêter les traitements collectifs systématiques

Les stratégies de sélection des animaux permettent le traitement d’un moins grand nombre d’animaux. Elles nécessitent moins de médicament et se soldent par un meilleur retour sur investissement du traitement si les animaux traités sont bien choisis.

Alexandre Servera préconise cette démarche : « Globalement, après un pour-on sur tout le troupeau, on gagne 1 litre de lait par vache et par jour. Avec l'injectable, on peut cibler les animaux et ne traiter que la moitié du troupeau, en gros la part sur laquelle il aura le plus d'impact. On gagne alors 2 litres de lait par vache traitée et par jour. Donc, au niveau du troupeau, le gain en lait est le même, mais on n'a traité que la moitié des animaux. Finalement, cela revient moins cher, c'est mieux pour l'environnement et cela réduit le risque de développement de résistances. »

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