Les strongles (digestifs ou respiratoires) la douve et le paramphistome : ce sont les principaux parasites internes des bovins. Et c'est le moment de s'y intéresser. Alors comment s'y retrouver ?
Les strongles : surtout chez les génisses
Provoquant des diarrhées, de la toux, une baisse des performances laitières chez l'adulte et de croissance chez les génisses durant la saison de pâturage, les strongles persistent durant l'hiver puisque les larves s'enkystent dans la caillette. Elles provoquent en fin d'hiver de fortes diarrhées qui peuvent s'avérer très graves pour les animaux.
On parle souvent d'acquisition d'immunité pour les jeunes. En effet, pour les génisses ou broutards, le vermifuge se fera durant la saison de pâturage seulement si la pression parasitaire est élevée (en fonction de la conduite du pâturage, la météo...). Pour estimer le taux de contamination à cette période, il peut être opportun de réaliser une coproscopie ou une prise de sang.
Au retour à l'étable en revanche, la pesée des animaux pour évaluer leur GMQ peut s'avérer utile pour cibler le traitement. Sarah Neumann-Raoux, vétérinaire chez Eilyps, expliquait dans un précédent article : « On les pèse à la sortie puis deux mois plus tard ou à la rentrée à l'étable pour ne traiter que les animaux n'ayant pas atteint un GMQ suffisant. »
Pour les vaches, elles ne seront vermifugées seulement si elles présentent les symptômes de contamination (toux, diarrhées).
Douves et paramphistomes : des problèmes sous-jacents
La grande douve, la petite douve et le paramphistome sont des parasites des milieux humides. Et s'ils sont souvent sous-estimés par les éleveurs car ils passent inaperçus, ils peuvent avoir de gros impacts sur la santé et les performances des animaux.
La douve sévit principalement en fin de pâturage, à l'automne. Elle provoque d'importantes lésions du foie, motif de saisie à l'abattoir. Sur l'animal, cela peut causer des diarrhées, de l'amaigrissement et une anémie progressive pour la grande douve. La petite douve en revanche peut provoquer une inflammation du foie et une dilatation des canaux biliaires. Dans tous les cas, les douves entraînent des retards de croissance, des problèmes de reproduction et une baisse d'immunité. Pour autant, diagnostiquer l'infestation reste compliqué.
Le GDS de Corrèze recommande de réaliser une coproscopie pour la petite douve et une prise de sang pour la grande douve. Et si l'analyse se révèle positive, le groupement conseille de traiter car les conséquences peuvent être très graves. Il rappelle aussi que « contrairement aux strongles contre lesquels l'animal peut apprendre à lutter via son immunité, celle-ci est inefficace sur les douves qui s'accumulent d'année en année dans l'animal en l'absence de traitement. »
Dernier parasite : le paramphistome. Il s'agit d'un ver logé dans le rumen, se nourrissant du jus de la panse. Une dizaine d'entre eux passeront inaperçus et ne provoqueront aucun signe clinique pour le bovin. En revanche, en très grand nombre ils peuvent causer un amaigrissement ou des diarrhées. Il existe également une forme aigüe de contamination (plus rare) chez les bovins massivement contaminés provoquant une forte diarrhée brutale pouvant être fatale.
Pour détecter les vers, il faut se tourner vers la coproscopie. Le traitement se fera pour le lot d'animaux avec utilisation d'oxyclosanide, sous prescription vétérinaire.
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