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ParasitismeAu Gaec Guillemot (56), la vermifugation se raisonne à la production

Qui dit automne, dit retour à l'étable et traitement antiparasitaire pour le troupeau laitier. Mais au Gaec Guillemot, le vermifuge n'est pas automatique ! Il est administré au cas par cas selon la production laitière de chaque vache scrutée par un outil de tri.

C'est l'heure du retour à l'étable pour les génisses de Jean-Marc et Sylviane Guillemot à Glénac dans l'Est du département du Morbihan. Les vaches laitières aussi, bien qu'elles soient déjà repassées en ration hivernale depuis longtemps face au manque d'herbe. Et pour la deuxième année consécutive, le couple devrait prochainement recevoir la liste des animaux à déparasiter.

« Avant c'était systématique à l'automne : on traitait toutes les génisses à la rentrée au bâtiment, ainsi que les primipares qui avaient un mauvais poil et/ou étaient en mauvais état. Mais on a changé ça pour mieux cibler », explique Jean-Marc.

L'immunité des génisses face au parasitisme

Dominique Léon est le vétérinaire de l'élevage. Il réalise le suivi reproduction mensuel (notamment pour les échographies). Avec le couple, ils ont commencé par changer de stratégie sur les génisses : « Avant on faisait tout en visuel. Maintenant, on fait un dosage de pepsinogène sur une bonne moitié du lot des 20 mois pour décider si on traite ou pas. »

Car le vétérinaire a constaté une certaine évolution dans les élevages : « Les génisses sortent au pâturage plus tard qu'avant, ou sur une plus courte période. Souvent, elles n'ont pas le temps de se faire une immunité suffisante (ce qu'on appelle le temps de contact effectif). Ensuite elles vêlent et on se retrouve avec beaucoup de primipares présentant une immunité insuffisante. Certaines jeunes vaches ont donc besoin de traitement mais pas tout le troupeau ! »

« Pour les vaches qui vêlent en été, le risque parasitaire est maximal », poursuit le vétérinaire. « Elles vont pâturer lorsque le développement des vers est maximal jusqu'en automne et donc risquer de voir leur pic de production altéré à cause du parasitisme. »

Un outil de TRI pour un traitement sélectif

Et depuis un peu plus d'un an pour les vaches laitières, le vétérinaire utilise l'outil « TRI » (technique raisonnée individualisée) mis au point par Ceva santé animale. Venant chaque mois sur la ferme, il récupère des données de production du robot de traite, les saisit dans l'outil qui recherche alors les vaches en sous-production.

« Les vaches sont comparées à leurs contemporaines (primipares avec primipares, bipares avec bipares et multipares avec l'ensemble des multipares). L'outil fait alors ressortir les 15 ou 30 % plus faibles productrices », explique Dominique Léon. Connaissant leurs vaches, Jean-Marc et Sylviane savent dire si telle ou telle vache sous-produit parce qu'elle boite ou a fait une mammite par exemple. Mais pour celles dont la production est anormalement basse, ils optent pour un traitement injectable à l'éprinoméctine en fin d'année (traitement injectable privilégié au pour-on qui a tendance à couler, et à la voie orale qui est en partie recrachée).

Vaches laitières en bâtiment
Certaines vaches laitières passent inaperçues dans le troupeau, sont en bon état, et ne produisent pourtant pas ce qu'elles devraient produire. Et le parasitisme peut être en cause. (©Terre-net Média)

Facile à mettre en place avec la transmission des résultats de production laitière, ce service (gratuit) a permis aux éleveurs de limiter les traitements. « L'an dernier, sur les 60 vaches, le logiciel ne nous en a sorti que 8 et nous en avons traité 6. Et étonnamment parmi elles, il y avait quelques multipares. Des vaches que j'aurais laissées passer car en bon état avec certes une légère baisse en lait mais qui seraient passées un peu inaperçues. »

Rien de révolutionnaire direz-vous ? En effet, mais cette stratégie permet de raisonner au cas par cas. « TRI s'ajoute au diagnostic visuel et aux outils analytiques », apprécie le vétérinaire. Quant à Jean-Marc Guillemot, même si l'outil simule une marge générée par la vermifugation des vaches identifiées (en prenant en compte le lait gagné et le coût du traitement), il avoue que ce bénéfice économique est difficile à chiffrer. Mais son objectif reste principalement de réduire le recours aux antiparasitaires en ciblant davantage. Cette méthode aura aussi permis de mettre en évidence certaines vaches silencieuses qui en ont quant à elles besoin.

Exemple de compte rendu TRI :

Outil TRI de Ceva Santé animale
L'outil cite les 15 et 30 % des vaches du troupeau qui se situent en-dessous de leur production attendue. (©Ceva)

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